« A l’intérieur de chaque rêve il y a d’autres rêves fantomatiques, là où la lune se lève, Terre blême comme un fantôme sans nerfs, sans géométrie, sans chair autre que l’air. A l’intérieur de chaque rêve un fantôme est présent, vivant et mort. »

Théorie des MultiRêves est un livre de rêves loin du récit de rêve, loin de la théorie et de l’interprétation du rêve, loin de la narration et de ses constellations fixes. Que reste-t-il dans ce vide, dans cette obscurité du cosmos qui nous est seule laissée pour évoluer dans un espace privé de repères ? Une écriture – une écriture de visions et d’images oniriques comme autant d’étoiles errantes et aberrantes, de comètes aveugles venant déployer un espace inconnu, multiforme, autour d’elles, et cet espace soudain créé, insaisissable, est l’espace mutant, littéraire, des « multirêves ». Objets imaginaires, ces « multirêves » traversent la notion jumelle de « multivers » avec des rayons invisibles et nous amènent dans un ailleurs instable. Ce livre n’est pas obscur, n’est pas tourné vers la noirceur parce que la vraie vie serait ailleurs, dans les rêves, mais plutôt parce que les vrais rêves sont ailleurs que dans la vie. Pas dans nos rêves mais dans un ailleurs aussi inatteignable que le sont les autres univers. Nous n’avons ici ni une théorie ni une narration mais ce point extrême où la théorie et l’imaginaire se rejoignent en une écriture.

Sophie Quetteville et Fabien Clouette © Aurélie Garreau

Le 14 septembre 2016, Sophie Quetteville animait une rencontre au Monte en l’air à l’occasion de la sortie du Bal des ardents de Fabien Clouette (éditions de l’Ogre). Ce livre fait partie de ceux que Diacritik a particulièrement défendus en cette rentrée littéraire (lire ici l’article de jean-Philippe Cazier).

Capture d’écran 2016-05-19 à 09.31.48Le Voyage de Hanumân, à paraître aux éditions Le Tripode le 22 septembre 2016, raconte l’exil de deux paumés au Danemark, et leur vie quotidienne dans un camp de réfugiés. L’Estonien Johann et l’Indien Hanumân, compagnons d’infortune, survivent comme ils peuvent. Entre les magouilles, les petites et grandes indignités, les humiliations et les mensonges, se dessine jusqu’au rire une carte sensible de ces zones transitoires où pataugent et se mêlent l’absurde, les espoirs et les peurs de milliers de laissés-pour-compte.

Diacritik publie, en avant-première, le grand entretien que Lucie Eple a réalisé avec Andreï Ivanov, en attendant la critique du livre, au moment de sa sortie.