Tiré en partie de Desproges par Desproges paru en 2017 aux éditions du Courroux, Une plume dans le culte est diffusé dimanche 15 avril sur France 5 à 9h25. Une plume dans le culte, ou l’éloge en cinquante-deux minutes même pas funèbres de Pierre Desproges, « écriveur », « rigolo », homme de télévision, de radio, de scène, que l’actualité en panne de modèle convoque régulièrement quand il s’agit de disserter sur l’humour en général et sur le rire-de-tout-mais-pas-avec-tout-le-monde en particulier.

Le 14 avril 1988, les accords de Genève marquent la fin de la première guerre d’Afghanistan. Quatre jours plus tard, Pierre Desproges s’éteint et ça ne surprend plus personne. Aurait-on dû y voir un lien de cause à effet ? On ne le saura jamais même si on peut penser que oui,>     juste pour rigoler. Trente plus tard ou presque, Desproges par Desproges vient de paraître aux éditions du Courroux (sous l’égide de Perrine Desproges et Cécile Thomas), recueil de textes, d’inédits, d’archives personnelles. Le tout pour le prix de cinq paquets de cigarettes neutres avec une photo de poumons goudronnés pour faire plus pimpant.

Après Des femmes qui tombent, Points a eu la bonne idée de rééditer en poche le désormais légendaire Encore des nouilles, recueil de chroniques comico-gastronomiques produites par Pierre Desproges pour Cuisine et vins de France entre 1984 et 1985 et illustrées par Cabu, Catherine, Charb, Luz, Tignous, Wolinski…  Avec Encore des nouilles, l’humoriste écrivain marche dans les pas (pour ne pas dire sur les pieds) de Maurice Edmond Saillant dit Curnonsky ci-devant gastronome, humoriste, critique culinaire et fondateur de la revue pour apprendre à cuire les œufs sans dénaturer le goût du Pommard.

Quand bien même on regrette un peu la très poétique couverture signée Sempé de l’unique roman de Pierre Desproges paru en 1985 chez Seuil, il faut reconnaître que la réédition au format poche par Points de Des femmes qui tombent fait partie de cette écrasante minorité de livres dont on ne se lasse pas.

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Ce matin, en ouvrant ma boîte aux lettres et ce petit livre de Jérôme Garcin, mon sang de critique n’a fait qu’un tour. Flaubert, Proust, Céline, Frédéric Dard, Hugo, ils ont tous succombé un jour à l’appât du zeugma comme on écrit à son contrôleur des impôts : avec déférence et la plume tremblante. Et l’auteur des Meilleurs zeugmas du Masque et la Plume de leur rendre un hommage appuyé et ce qui leur appartient.

Pierre Desproges, chroniqueur gastronomique pour Cuisine et vins de France, c’est étonnant, non ? Et pourtant. Entre 1984 et 1985, l’humoriste écrivain a sévi dans les pages de ce magazine pour amateurs de bonne chère (bonne chair ?) sur papier glacé, marchant dans les pas (pour ne pas dire sur les pieds) de Maurice Edmond Saillant dit Curnonsky ci-devant gastronome, humoriste, critique culinaire et fondateur de la revue pour apprendre à cuire les œufs sans dénaturer le goût du Pommard.