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La revue Le Chant du monstre publie un long extrait de La Mèche, pièce de théâtre d’Alban Lefranc dont la création, par la compagnie Le Menteur volontaire, est prévue pour 2017. L’écrivain y met en scène Göbbi, Eva, Romi, La Mèche, Strasser, Himmli, Göri, Hess, mais aussi Spirou et Candide, dans une pièce qu’il refuse de dire historique tant elle dépasse le seul cadre de l’accession d’Hitler au pouvoir, tant elle est de fait anhistorique dans sa saisie d’une violence dans l’histoire, d’un travail sur « l’espèce de ventre mou de notre présent », la gangrène d’un langage figé sur des idéologies et des images, tissé de mots qui perdent tout sens. La représentation, le travail sur les personnages comme figuration de forces de l’Histoire, une forme de distanciation héritée de Brecht permettent une réflexion sur « ce qui est en jeu ». Comme l’écrivait Brecht de son Arturo Ui, « c’est une parabole, conçue dans le but de détruire le respect habituel et dangereux devant les grands tueurs ».

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Écrivain américain vivant, né à Los Angeles en 1964. Auteur de six romans et d’un recueil de nouvelles, en attendant la suite : Bret qui agace, Bret qui énerve, Bret qu’on vénère… Bret, le sale môme de la littérature américaine, le génie qui a changé la face du monde de l’écriture à jamais. BEE, pour les intimes, les aficionados qui considèrent qu’évoluer dans la sphère intellectuelle n’est pas envisageable pour quiconque n’a pas lu au moins un de ses livres. Et écrire, n’en parlons pas.
« Comment peut-on être persan ? », interrogeait Montesquieu. Mais « comment peut-on ne pas avoir lu BEE ? », se demande Tara Lennart.

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Hans Bellmer

Le titre de la fiction de Véronique Bergen, Le cri de la poupée, allie de manière paradoxale le vivant et de l’inanimé, l’expression et la chose muette, l’organique et l’artificiel. Une poupée est dotée du pouvoir de crier, comme si elle était douée de vie. Mais c’est aussi bien le vivant qui est doté des qualités de l’inerte et de la chose artificielle. Le titre condense ainsi les principales lignes qui donnent à ce livre sa logique étrange : le vivant devient poupée et l’humain devient insecte, le mort devient vivant, ou en tout cas parlant, les êtres se dédoublent, les corps subissent une subversion de leur ordre organique pour tendre vers l’inorganique (la poupée) ou de nouvelles configurations étranges (« Te déconstruire, te réagencer, faire de ta bouche un anus »), ou encore passer les frontières des espèces et des règnes (« avant de naître poupée, j’avais vécu en chien »).

DenisRobert
Le long entretien accordé par Denis Robert à Diacritik est à l’image même de l’écrivain-journaliste : chaque réponse est une affirmation de soi comme du résultat d’une enquête poussée. Le personnel rencontre le factuel et le questionnement initial est prolongé par des interrogations nées des propres réponses de l’auteur de Mohicans : la quête de Denis Robert semble sans point final possible. Un entretien en mode gonzo, un genre que l’auteur revendique.

Mohicans

La mèche est allumée le 30 octobre, soit une semaine avant la parution du livre de Denis Robert qui s’en est alors ému sur son mur Facebook. Livres-Hebdo, l’AFP, L’Express-L’Expansion consacrent des articles à la publication presque concomitante de C’était Charlie de Philippe Val chez Grasset et de Mohicans de Denis Robert chez Julliard. Les deux livres ne sont pas encore dans les bacs des libraires que le débat est déjà houleux, ab ante, et le terme « polémique » vient truster les surtitres. La raison principale : le livre de Denis Robert écornerait le mythe Charlie et le journaliste-écrivain s’en prendrait à Philippe Val et Richard Malka.

Christine la sœur de cœur me propose un abécédaire, mon abécédaire, portrait chinois, questionnaire de Proust ou tout ce que je voudrais, genre. Je commence l’abécédaire, tel jour, ça me fait plaisir, j’y vais bon train, de A comme amie à Z comme zut. Le lendemain je regarde je relis, je débande, je vois que tout est menti. Ce seraient d’autres mots, d’autres lettres, des écailles sortent tombent de mes yeux chaque jour et chaque jour elles sont différentes, écailles oui, ou follicules non rompus, chutes. A donc, lettre A mais bébébébé, B, ça s’entête, ça bute, ça ne sort pas, papapapapapa.

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2015 est l’année de tous les paris pour Benoît Virot : une rentrée attilesque plus large, la poursuite des projets d’intégrale, la rencontre du Général Instin, et sans doute, un rapport autre à l’édition, à rebours de ses expériences antérieures.
Suite de l’entretien avec le caméléon de l’édition, « grand timonier » du Nouvel Attila, qui nous présente son équipe, les livres de cette année, les projets à venir, et parle, avant tout, du plaisir de voir ce laboratoire se construire, jour après jour, livre après livre et du mode de transmission d’un virus du texte, du livre, de l’édition.

Benoît Virot
Benoît Virot

Troisième métamorphose (ou incarnation) attilesque, l’aventure ouverte en 2014 avec une nouvelle maison d’édition, le Nouvel Attila et un catalogue déjà impressionnant, en littérature française comme étrangère, romans graphiques et autres varia et plusieurs collections (Incipit, Calques, Othello, etc.) qui témoignent d’une curiosité sans borne ou frontières de genre.
Pour ce second volet de notre grand entretien (et cette troisième incarnation), Benoît Virot revient pour Diacritik sur l’année 2014, celle de la création et mise en orbite du Nouvel Attila.

Arno Bertina © Patrick Gherdoussi
Arno Bertina © Patrick Gherdoussi

Arno Bertina écrit que J’ai appris à ne pas rire du démon est « peut-être aussi une biographie », celle du chanteur américain Johnny Cash. Mais, en même temps, le livre est une fiction, moins dans le sens où il s’agirait de produire une vie imaginaire de Johnny Cash, une vie « romancée », que d’extraire de cette vie ce que la fiction peut en extraire, qui ne peut être qu’écrit – d’atteindre le niveau où la vie est fiction, c’est-à-dire indétermination, mouvement, multiplicité, paradoxe.