Ripley: Final report of the commercial starship Nostromo, third officer reporting. The other members of the crew – Kane, Lambert, Parker, Brett, Ash, and Captain Dallas – are dead. Cargo and ship destroyed. I should reach the frontier in about six weeks. With a little luck, the network will pick me up. This is Ripley, last survivor of the Nostromo, signing off.

C’est sur cette déclaration jetée dans l’espace des télécommunications comme une bouteille dans la mer intersidérale, que le premier épisode de la saga initiée par Ridley Scott se clôt.

MOTHER : Priority one.
Insure return of organism for analysis.
All other considerations secondary.
Crew expendable.
(Special Order 937)

Dans les années 80, je vivais à Nice. Place Masséna. Sur le boulevard Jean Jaurès, exactement, le long du casino qui n’était alors pas encore détruit pour faire place aux jardins que l’on y connaît à présent. Mais les travaux avaient commencé.

Il est des moments où il faut savoir se taire. Je n’ai jamais su. D’autant moins lorsque les relents d’une polémique nauséabonde viennent me chatouiller les naseaux. Les polémiques sont inventées de toutes pièces, chacun le reconnaîtra en privé. Il faut déjà du temps libre pour écrire ; il faut bien du temps à gâcher pour nourrir une polémique qui ne concerne et n’intéresse que ceux qui la nourrissent.

Il y a une scène particulière dans la série Penny Dreadful (créée par John Logan en 2014, et qui rassemble des personnages emblématiques de la littérature fantastique de l’Angleterre Victorienne, de Dracula à Frankenstein) que tout amateur de cette intrigue en trois actes ne peut avoir oubliée : Vanessa Ives (son héroïne tourmentée, incarnée par Eva Green) raconte à Ethan Chandler (Josh Hartnett, son acolyte lycanthrope) sa rencontre avec la sorcière qui l’a initiée.

En 2018 la question des médias est centrale. Mais comment réfléchir à cette partie majeure de notre système social ? Télés allumées en permanence dans les foyers, radios dans les autos, presse écrite qui se dresse en autorité intellectuelle, et des réseaux dits sociaux… Ils sont sociaux, certes, mais ils sont surtout mentaux.Car c’est bien du mental qu’il s’agit. Alors cette matière, ces médias, est-ce qu’ils représentent une hyper information ou de l’hyper mensonge ? Au sein de notre corps, que se passe-t-il lorsque cette information, ce substrat de vérité, se répercute sur nos comportements ?

Depuis ma prime errance, je n’ai cessé de m’inventer frères, sœurs, pères et mères de substitution. Je me suis fourvoyé, jusqu’à me rendre compte que je pouvais être à moi-même, gamin des rues devenu presque aussi grand que le plus grand de mes frères aujourd’hui dispersé par-dessus la grève des adieux sans retour, un parent, un guide, un chemin.