NB canapéNina Bouraoui, romancière française vivante, née à Rennes en 1967. 14 romans, 1 pièce de théâtre, une dizaine de nouvelles et textes courts dans diverses anthologies et pas mal de paroles de chansons.

Connue et reconnue, Nina Bouraoui, citoyenne d’un « pays de mots », appartient à cette catégorie d’écrivains qui se réinventent, repoussent les limites et les contours de leur écriture avec une évidence surprenante. En 25 ans de publications, elle passe d’une plume presque gothique au roman social en faisant un détour par l’autobiographie romancée placée sous le signe de la recherche identitaire, sans jamais se départir de thématiques fortes, signatures ancrées dès ses premiers écrits.

Fran MartinezHiver 2016. Les jeunes Éditions Denise Labouche, maison parisienne fondée par un collectif d’auteurs-éditeurs éclectiques et aventureux publient L’Alpine le premier roman du journaliste François Moreau Martinez. Foisonnant, bourré de clins d’œil ancrés sur un socle classique rigoureux et un sens du rythme très jazzy, ce roman résolument pop apporte une touche beat dans le paysage de la littérature contemporaine française.
Rencontre avec un écrivain sans prétentions dont le cerveau abrite une belle famille de références et d’inspirations.

vivicanapéVirginie Despentes, écrivain française vivante, née à Nancy en 1969.
8 romans, 1 manifeste, 1 roman graphique et 1 recueil de nouvelles à son actif :

Il y a peu de voix comme celle de Virginie Despentes en France. Un style taillé dans le roc(k), une plume acérée, un humour au napalm et une bonne dose de réflexion politique déguisée en provocation punk. On pourrait, maladroitement et en alignant ainsi les poncifs, tenter de résumer l’ouragan Despentes, la tempête trash et féministe qu’elle fait souffler sur la littérature française depuis le milieu des années 1990. On pourrait. On pourrait aussi songer au frisson de subversion qui a parcouru notre peau à la lecture de Baise Moi, et souhaiter que tout le monde le ressente. Même si en vrai, le frisson était une droite en pleine face.

© Tara Lennart
© Tara Lennart

Frederick Earl Exley : Écrivain américain mort en 1992 et né en 1929 à Watertown. Un paquet d’articles, et trois romans plus ou moins autobiographiques, dont deux traduits en Français (le troisième le sera sans doute un jour).

Il y a des jours, on va vers un livre sans trop savoir pourquoi ni comment. Un titre, un nom, une quatrième de couverture. Un hasard. Tiens ça a l’air sympa. Il y a poète, bar, marginal, boisson, loser comme mots clés sur la 4e de couverture. Deux nuits blanches plus tard, le livre se referme à regrets. Frederick Exley écrit des histoires dont on ne voudrait jamais sortir. De sa vie en demi-teinte, il a écrit une fresque grandiose, profondément humaine et touchante. Il était persuadé du contraire, mais Frederick Exley apparaît comme l’une des grandes voix américaines de la seconde moitié du 20e Siècle.

lin
Tao Lin : Écrivain américain vivant, né à Alexandria en 1983. Auteur de 2 romans, 1 poème et 1 novella (pour l’œuvre traduite, car il est bien plus prolifique !).
S’il n’aime pas forcément qu’on lui rappelle que Bret Easton Ellis l’a qualifié de « styliste le plus doué de sa génération », Tao Lin n’en reste pas moins fidèle à cette description élogieuse. Quand BEE photographiait la fin du siècle avec l’emphase et la violence qu’on lui connait, Tao Lin décrit la génération Y et le début du 21e siècle d’une façon presque durassienne : il parle de ce qui n’est pas tout en essayant d’être. Marguerite qui aurait gobé trop d’ecstasy et acheté un iPhone.

pollock canapé Tara

Donald Ray Pollock : Écrivain américain vivant, né dans l’Ohio en 1954. Un recueil de nouvelles et un roman à son actif.

Il y a parfois du bon à ne capter qu’une seule radio quand vous êtes au volant de votre vieux break Volvo, plus polluant qu’un tracteur. France Inter vous fait découvrir, entre deux crépitements, un écrivain américain prodigieux. Quelqu’un qui sait extraire le beau dans la fange, redonner une âme à des êtres prisonniers d’une existence proche du misérable sans pour autant verser dans le misérabilisme.

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Richard Milward : Écrivain anglais vivant, né à Middlesbrough en 1984. Auteur de 3 romans, quelques nouvelles et d’une flopée d’articles publiés par la presse anglaise. Également peintre. Jeune, multi-talents et pertinent : voilà une manière formelle et à peu près juste de décrire cette fine plume de la littérature contemporaine. A la fois pop, trash et rien de tout cela, Richard Milward montre qu’on peut appartenir à la génération Y, parler de sexe et de drogues, ET avoir un talent impressionnant.

mark canapé
Mark Safranko : Écrivain américain vivant, né à Trenton en 1950. Auteur de 8 romans, une douzaine de pièces de théâtre et plusieurs dizaines de nouvelles. Également chanteur-compositeur.

Il fait partie, comme Woody Allen, de ces artistes américains qui rencontrent plus de succès et d’estime dans notre pays de râleurs que dans leur patrie d’origine. Figure phare de la maison 13e Note, Mark Safranko appartient au mouvement néo-beat, aux côtés de Dan Fante ou Tony O’Neill, flirtant parfois avec l’off-noir et le polar. Plus encore, Mark Safranko est un outsider, un vrai : un écrivain sans concessions et sincère.

poppy tara

Écrivain américain vivante, née Mélissa Ann Brite à La Nouvelle Orléans en 1967.
12 romans, 6 recueils de nouvelles, 2 essais et une flopée de nouvelles.

Si vous ne voulez pas fâcher Poppy, appelez-le Billy Martin et parlez de lui au masculin car la papesse en noir est désormais un gros monsieur qui a pris sa retraite. Homme gay dans un corps de femme, écrivain torturé au style gothiquement décadent, Poppy Z Brite est l’une des plumes dark les plus importantes de la littérature underground contemporaine. Que ceux qui pensent aux gothiques de South Park aillent pourrir en enfer, nous enfants de la nuit pleurerons leur ignorance par des larmes de sang en écoutant Bauhaus.

 bee tara

Écrivain américain vivant, né à Los Angeles en 1964. Auteur de six romans et d’un recueil de nouvelles, en attendant la suite : Bret qui agace, Bret qui énerve, Bret qu’on vénère… Bret, le sale môme de la littérature américaine, le génie qui a changé la face du monde de l’écriture à jamais. BEE, pour les intimes, les aficionados qui considèrent qu’évoluer dans la sphère intellectuelle n’est pas envisageable pour quiconque n’a pas lu au moins un de ses livres. Et écrire, n’en parlons pas.
« Comment peut-on être persan ? », interrogeait Montesquieu. Mais « comment peut-on ne pas avoir lu BEE ? », se demande Tara Lennart.