Capture d’écran 2016-05-19 à 09.31.48Le Voyage de Hanumân, à paraître aux éditions Le Tripode le 22 septembre 2016, raconte l’exil de deux paumés au Danemark, et leur vie quotidienne dans un camp de réfugiés. L’Estonien Johann et l’Indien Hanumân, compagnons d’infortune, survivent comme ils peuvent. Entre les magouilles, les petites et grandes indignités, les humiliations et les mensonges, se dessine jusqu’au rire une carte sensible de ces zones transitoires où pataugent et se mêlent l’absurde, les espoirs et les peurs de milliers de laissés-pour-compte.

Diacritik publie, en avant-première, le grand entretien que Lucie Eple a réalisé avec Andreï Ivanov, en attendant la critique du livre, au moment de sa sortie.

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Avec plus de 10 éditions à son actif, plus de 100 rencontres protéiformes sur deux semaines, 144 auteurs et artistes invités en 2016 et plus de 30 lieux partenaires, Hors-Limites est unique en France. Le festival, qui se tiendra cette année du 1er au 16 avril est le temps fort du travail de fourmi mené toute l’année sur le terrain par l’association Bibliothèques en Seine Saint Denis qui réunit la majorité des bibliothèques et médiathèques du département et coordonne Hors limites. Il s’étend sur tout le territoire et explose les frontières artistiques et socio-économiques en travaillant en amont avec les bibliothécaires sur la programmation et la médiation de cet évènement d’envergure.
Une cohérence, une intégrité et une humilité qui fidélisent chaque année un peu plus de partenaires, d’auteurs et de publics (plus de 3000 visiteurs en 2015), mais dont la voix peine encore à se faire entendre de l’autre côté du périphérique…

« Pas dans le cul aujourd’hui
j’ai mal
Et puis j’aimerais d’abord discuter un peu avec toi
car j’ai de l’estime pour ton intellect
On peut supposer
que ce soit suffisant
pour baiser en direction de la stratosphère »

« Nous ignorons pourquoi les baleines et autres cétacés effectuent parfois ces sauts stupéfiants au-dessus des mers et des océans, mais les hypothèses ne manquent pas, elles se renforcent même du seul fait que la question n’a pas été tranchée. On dit qu’elles bondissent dans les airs pour déglutir, se débarrasser de leurs parasites, communiquer, séduire en vue d’un accouplement, pêcher en gobant, chasser en catapultant, fuir des prédateurs sous-marins comme l’espadon ou le requin, s’étirer, s’amuser, en imposer, ponctuer un message, une attitude. Aucune de ces explications ne convainc : fâcheusement partielles ou intolérablement saugrenues, toutes ont été contestées. Comme c’est le cas face aux grandes interrogations métaphysiques, elles semblent toutes buter contre l’étroitesse du cerveau et de l’imagination qui les échafaudent. La question serait-elle insoluble ? »

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« T’as 16 ans et tu crois pas à l’amour ? » 

Interview d’Alban Lefranc à propos de son livre L’Amour la gueule ouverte : Hypothèses sur Maurice Pialat.

Il est des films comme des bourrasques : ceux de Maurice Pialat (1925-2003), l’impétueux, le colérique, le polémique, le sublime Pialat, en font partie. Nous nous souviendrons de la scène finale d’À nos amours comme d’une claque monumentale, nous laissant ébaubie comme on ressortirait d’un flash halluciné : sans bien comprendre ce qu’il vient de se passer, émue aux larmes comme par surprise. Sandrine Bonnaire, dont Suzanne fut le premier rôle, y est à chaque visionnage plus époustouflante.

9782330052461«Ce qu’on ne peut pas dire, il faut le taire», a dit Wittgenstein. Oui, mais Derrida a aussi dit qu’on avait le droit d’essayer de l’écrire, alors je tente le coup.

J’ai assisté hier à l’interprétation toute contemporaine de la pièce de Shakespeare d’Olivier Py, clôturant un mois de septembre so Lear, après avoir lu Cordelia la guerre de Marie Cosnay (paru en septembre aux éditions de l’Ogre), puis la pièce elle-même traduite par Yves Bonnefoy, qui m’a retournée, et parce que j’ai eu une place Tarif réduit.

Le-voleur-de-voiture-couvIl y a aussi peu de trémolos dans Le Voleur de voitures que dans Le Vin de la jeunesse de John Fante. Et les larmes montent aux yeux avec la même douceur, provoquées par une émotion simple, je dirais presque suffisante, essentielle. J’aime les livres des éditions Tusitala en ce qu’ils sont — pour ceux de la veine que je dirais « sociale » du catalogue — un vrai baromètre de ma sensibilité.

Dandy
Dandy, roman de Richard Krawiec édité aux États-Unis en 1986 sous le titre Time sharing, est le récit d’une rencontre de deux solitudes, celle d’Artie et de Jolene,  deux errances dans l’Amérique libérale des années 80. Né dans le Massachusetts, enseignant et travailleur social, l’auteur a plongé sa plume dans l’acier trempé du réel. Dandy est un livre nécessairement violent, publié par les jeunes éditions Tusitala, en 2013 et, depuis la mi-septembre, disponible en poche, aux éditions Points.

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Les éditions Le Tripode ont publié en 2013 la biographie que Jean-Jacques Pauvert a consacrée à Sade. A cette occasion, Lucie Eple avait rencontré Jean-Jacques Pauvert dans sa maison du sud de la France, au Rayol. Jean-Jacques Pauvert, dont le nom est à jamais associé à toute littérature transgressant marges, codes et conventions, est mort en septembre 2014. Cet entretien vidéo est l’un de ses derniers. Sade, Pauvert, à jamais vivants.