frances farmer(2)
Le roman de Mathieu Larnaudie, Notre désir est sans remède, a comme figure centrale l’actrice américaine Frances Farmer. Avec celle-ci, Mathieu Larnaudie choisit non une star du grand écran mais une actrice à la carrière irrégulière, qui connut une existence douloureuse, voire tragique. Cependant, l’auteur ne tombe pas dans le cliché de la star hollywoodienne torturée, contrairement à ce qui est souvent le cas lorsque l’on évoque, par exemple, Marilyn Monroe ou James Dean : ce qui intéresse avant tout l’auteur c’est le monde dont le personnage est le révélateur ou le symptôme.

Alors qu’il parle de la poésie, Jean-Marie Gleize commence par parler d’amitié, de fenêtre ouverte, de la main d’un ami décédé – de l’amitié, d’un art des relations gratuites, rencontrées dans le hasard du monde. L’ami, c’est celui avec qui l’on habite, même si l’on n’habite pas avec lui – l’amitié est une maison commune, même si la maison est faite de distances, une maison de papier. Nous creuserons l’épaisseur du papier, dit Jean-Marie Gleize, sans autre bruit que celui de l’eau, le bruit du vent. L’amitié, c’est déjà la poésie, et la politique.

12202178_10207921156726917_1452894363_n
Jean-Clet Martin est l’auteur de nombreux livres souvent consacrés à d’autres penseurs – philosophes, artistes, écrivains – qui sont aussi des intercesseurs pour sa propre pensée. Si le travail de Jean-Clet Martin affirme volontiers de l’admiration pour tel ou tel autre, il développe également une pensée singulière par sa forme, ses motifs, ses concepts : pensée du nomadisme attentive aux singularités, aux paradoxes que le monde ne cesse de créer – monde de l’art, de la philosophie, de la littérature, mais aussi monde des matières, des technologies, des animaux, des signes énigmatiques que la pensée aurait pour tâche de cartographier et d’expérimenter.

Andy Warhol Car Crash
Andy Warhol Car Crash

Le roman de Claro, Crash-test, a pour leitmotiv l’accident : « Au commencement était l’Accident ». Mais l’accident n’est pas qu’au commencement, il est partout et tout le temps, il surgit sans cesse dans le livre et dans le monde, il est la matière du livre autant que ce qui peuple le monde de commencements. L’accident, ici, est un principe autant poétique qu’ontologique ou anti-ontologique : pas d’être mais des accidents, répétition de commencements, naissances incessantes.

« Peter and me » Archives personnelles Danièle Rivière

Danièle Rivière dirige les éditions Dis Voir, spécialisées en culture contemporaine, qui réunissent artistes, cinéastes, philosophes, écrivains, scientifiques, musiciens, designers… Elle est également, en tant que créatrice, engagée dans le cinéma et récemment dans le transmédia. Dans cet entretien, il sera donc question de livres, de films, de science, de Peter Greenaway et Raoul Ruiz, de bd, de nanomonde, d’économie de l’édition, de Pierre Huyghe, Douglas Coupland et François Taddéi, du contemporain et d’imaginaire, du web et de Laurie Anderson… Un entretien placé sous le signe du relationnel et du transversal.

9782330053161Les éditions Actes Sud viennent de faire paraître en format de poche le livre d’Oliver Rohe, Ma dernière création est un piège à taupes, initialement publié en 2012 aux éditions Inculte.

Si le livre tourne autour de la figure de Mikhaïl Kalachnikov, inventeur du célèbre fusil d’assaut, l’autre personnage central est la Kalachnikov elle-même (AK-47), dont Oliver Rohe relate la naissance et l’histoire, parallèlement à la naissance et à l’histoire de son inventeur.

Capture d’écran 2015-10-20 à 14.56.47Cultures pornographiques, dirigé et préfacé par Florian Vörös, rassemble des textes de théoriciens nord-américains travaillant dans le champ des porn studies, champ encore peu connu et pris en compte en France. Cette anthologie, qui présente la traduction de certains des textes importants de ce domaine d’étude, a donc l’avantage de faire connaître un point de vue sur la production pornographique qui rend possible d’en faire autre chose qu’un simple moyen d’excitation sexuelle ou un objet de dédain, voire de condamnation.

s_18522frances_farmer_1930sLe roman de Mathieu Larnaudie, Notre désir est sans remède, a comme figure centrale l’actrice américaine Frances Farmer.
Ce livre concerne aussi les images et le pouvoir : images du cinéma hollywoodien, images médiatiques, nouvelles icônes de l’ère industrielle, clichés – autant d’images par lesquelles un pouvoir s’exerce et affecte les corps autant que les esprits, produit du désir autant que de la servitude. Frances Farmer se situe au carrefour de toutes ces composantes du désir, du pouvoir, des images, en même temps qu’elle les traverse et incarne un ailleurs, une fuite, une forme de résistance.