Dans son dernier livre, Jean-Clet Martin propose une lecture de l’oeuvre de Giraud/Moebius qui est en même temps une analyse de ce qui appartient en propre à l’image de la BD. Ce livre est un livre de philosophie autant qu’il travaille la perception, permettant de penser ce que l’on ne pensait pas et que la BD nous conduit à penser, permettant de percevoir autrement la BD et par la BD, à partir d’elle. Entretien avec Jean-Clet Martin.

Pour protester contre l’attaque et l’invasion de l’Ukraine par le dirigeant fasciste Vladimir Poutine, un rassemblement en solidarité avec le peuple ukrainien a eu lieu le 24 février à Paris, place de la République. Ce rassemblement était organisé par l’Union des Ukrainiens de France. Reportage photo de Jean-Philippe Cazier.

Alors qu’il y a deux jours le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU s’est déclaré préoccupé par le manque de transparence de la procédure dans l’enquête au sujet de la mort, en 2016, d’Adama Traoré, le « Comité Justice pour Adama » organisait aujourd’hui, à Paris, un rassemblement et une marche contre le racisme, les discriminations, l’injustice sociale qui réduisent les individus et divisent le peuple. Reportage photo de Jean-Philippe Cazier.

Les sans-papiers, contrairement aux représentations fortement véhiculées actuellement par les discours politiques et médiatiques, ne sont évidemment pas réductibles à une réalité statistique, à une abstraction fantasmée, à une masse anonyme. Les sans-papiers sont des individus, ce sont des parcours de vie singuliers. Ils et elles sont porteurs de luttes politiques, sociales : des luttes pour survivre, des luttes pour des vies dignes. Militant au sein de collectifs de sans-papiers, Youssef parle ici de ses engagements, des objectifs sociaux et politiques de ces collectifs, de son itinéraire subjectif. Rencontre et entretien.

Prière pour les voyageurs, le premier roman de l’auteure américaine Ruchika Tomar, a comme lieu le Nevada, une zone située quelque part dans cet Etat désertique des USA et dont la ville la plus célèbre, Las Vegas, n’est qu’un ensemble d’illusions grâce auxquelles tuer le temps en dépensant l’argent que l’on n’a pas. Le roman ne se situe pas à Las Vegas mais, loin du kitsch et du clinquant, dans une zone à part, déconnectée, une sorte d’anti-rêve américain, encore plus désertique.

Si Ordure, d’Eugene Marten, est un livre étrange, très étrange, ce n’est pas parce qu’il inventerait un univers fantastique, un récit qui permettrait de s’évader dans un monde qui ne serait pas le nôtre. Ordure est au contraire ancré dans notre monde de la façon la plus banale, la plus terre à terre – la plus matérielle – mais cet ancrage est lié à un point de vue qui fait émerger ici, parmi nous, peut-être en nous, un monde que nous n’avions pas vu.

Ailleurs, partout, de Vivianne Perelmuter et Isabelle Ingold, serait une sorte de documentaire : « une sorte » car le film sort des cadres attendus du documentaire, comme il tend à sortir des cadres du récit, des cadres de la fiction, des cadres du visible cinématographique – comme il tend à sortir de tout cadre. Dans ce film, la traversée des frontières n’est pas seulement le thème, elle est aussi un principe esthétique et politique : traversée du discours, de l’image – un nomadisme qui emporte le cinéma, le dérègle, le réarrange pour une création particulièrement puissante, enthousiasmante.

Si Josef Albers est mondialement connu en tant que plasticien, son œuvre poétique n’est sans doute pas encore suffisamment considérée. Dans l’essai qu’il lui consacre, Vincent Broqua met en évidence les rapports que la poésie d’Albers entretient avec son œuvre plastique mais aussi, et surtout, sa singularité, ses parti pris, ses enjeux.

Avec Des îles, Marie Cosnay réalise une des possibilités de l’écriture littéraire, à savoir produire un contre-discours. Non pas simplement un discours contre mais un discours qui affirme ce que le discours dominant (celui des dominants, en fonction de leurs seuls intérêts, justifiant leur domination) masque et efface. Ce qui ici est masqué, effacé, ce sont les vies des migrant.e.s, vies assassinées chaque jour, sous nos yeux, devant nos portes. Ce qui est ici affirmé, montré et valorisé, ce sont les vies des migrant.e.s, vies tendues vers la vie, la leur comme celle de tous et toutes.

Le 38e bis Marché de la Poésie a débuté ce mercredi 20 octobre et se terminera ce dimanche 24. Comme pour chaque édition, en plus des stands présentés par de nombreuses maisons d’édition de poésie, sont organisés des rencontres avec des auteur.e.s, des lectures, des signatures, des hommages, des événements autour des livres, des revues, des formes diverses de poésie. Les détails du programme ici.