L’oubli du fascisme. Des millions de morts juifs. L’oubli des millions de morts communistes, tziganes, homosexuels, fous. L’oubli de la mort comme politique. L’oubli des corps battus, brûlés, gazés, fusillés. L’oubli des corps torturés. L’oubli que Jean-Marie Le Pen a commencé sa carrière en éditant des chants nazis. L’oubli que les fondateurs du FN sont des nazis, des collaborateurs, des pétainistes, des négationnistes. L’oubli que les piliers historiques du FN sont toute l’extrême-droite française, les néofascistes et néonazis français et européens. L’oubli du racisme et de l’antisémitisme. L’oubli du fascisme comme politique actuelle. L’oubli que la politique du FN est une politique de mort.

Christophe Pellet © Jean-Philippe Cazier

A l’occasion des représentations d’Eric von Stroheim au théâtre du Rond-Point, dans une mise en scène de Stanislas Nordey, rencontre avec le dramaturge et cinéaste Christophe Pellet pour un entretien où il est question, bien sûr, de théâtre et de cinéma, mais aussi du désir, de politique, de Bachelard, de l’image, de transgenre, des acteurs, de sexualité, de Racine et de fétichisme ou de l’importance d’inventer de nouveaux moyens de diffusion.

Chocolat © Jean-Philippe Cazier

Avec Rencontrer Looloo, le groupe québécois Chocolat affirme encore davantage l’éclectisme musical déjà présent dans les albums précédents. Si la tonalité générale est rock, voire punk, s’y mêlent également le jazz, le psyché, le Kraut, la ballade, le hard, etc. Le résultat n’en est pas pour autant un pêle-mêle d’influences juxtaposées : grâce à un travail d’arrangement recherché, à l’agencement fin de styles différents à l’intérieur des morceaux, à l’énergie que les musiciens insufflent à chaque composition, aux articulations fines de ces compositions, aux performances vocales impeccables de Jimmy Hunt, l’ensemble rend cohérents des genres musicaux éloignés et les soutient d’une même intensité. Les textes elliptiques, absurdes et souvent drôles, ont comme fil rouge l’histoire d’un dieu venu de l’espace, arrivant sur la Terre au milieu d’une humanité perdue. Si l’histoire, plus évoquée que racontée, semble inspirée de certains aspects du rock psyché ou glam, d’un univers de bd, de la trash-tv pro-ovnis, elle en reprend les éléments de manière à la fois ironique et délirante tout en laissant l’image d’une humanité à la dérive, raccrochée à un sauveur qui ne sauve de rien.
Rencontre avec les cinq musiciens actuellement en tournée – la formation originale ayant été un peu modifiée pour cette tournée – et entretien avec trois des membres de Chocolat : Emmanuel Ethier, Christophe Lamarche-Ledoux et Jimmy Hunt

Alix Beranger et Gwen Fauc hois ©Jean-Philippe Cazier

Les questions portées par le mouvement LGBT sont étrangement absentes de la campagne électorale autant que des discours médiatiques. En même temps, les thèmes LGBT reviennent en force dans la bouche des opposants à l’égalité des droits, qu’il s’agisse de certains politiques ou de mouvements réactionnaires ayant émergé à la faveur de la légalisation du mariage pour tous.
État des lieux de la situation actuelle et du mouvement LGBT à la veille des élections avec Alix Béranger et Gwen Fauchois dans un entretien où il est autant question de politique, de problèmes sociaux, de solidarité, des médias, des femmes réfugiées, que des conditions des luttes ou de la précarité économique et sociale.

Liliane Giraudon par Marc-Antoine Serra

Que peut l’écriture et que peut la poésie aujourd’hui ? Loin des pseudo-constats catastrophistes à la mode et des questions rebattues sur la littérature ou sur la pertinence de la poésie, Liliane Giraudon fait de la poésie, écrit ce qui serait de la poésie en impliquant, par son écriture, la question : que peut l’écriture et que peut la poésie aujourd’hui ? Il s’agit de dire ce que peut la poésie en en faisant, d’écrire des textes qui performent la poésie en la réinventant – une écriture qui est une pratique, un faire qui affirme une poésie radicalement préoccupée de la seule question qu’elle pose et qui est la question la plus jeune, toujours la plus nouvelle – celle de sa puissance.

The Psychotic Monks © Jean-Philippe Cazier
Après deux EP déjà remarqués, les Psychotic Monks proposeront ce 21 avril leur premier album Silence Slowly and Madly Shines. S’il avait un équivalent visuel, cet album couvrirait une étendue allant d’une gravure de William Blake au visage d’Iggy Pop, période Stooges. Marqué par une ambiance évocatrice du romantisme anglais comme du rock garage, les morceaux font se télescoper les Pink Floyd et le Velvet Underground, Nick Cave et la temporalité étendue de Mahler. Rempli d’énergie, de chaos autant que d’un silence suspendu à quelques accords presque arrêtés, le disque s’immerge dans un monde qui est un voyage rêveur, sombre et lumineux, à travers des intensités multiples et toujours fortes, du quasi chuchotement au cri. Loin de n’être qu’une compilation de références, Silence Slowly and Madly Shines se présente comme une expérience musicale à l’alchimie inventive et réussie. C’est dans cette synthèse que les quatre membres du groupe se sont lancés tête la première, de manière radicale, sans concessions ni effets faciles. Rencontre et entretien où il est question autant de rock que de poésie, d’Alien que d’Emily Dickinson, d’électronique, de composition, de chant grégorien que de Wenders ou d’Edgar Poe.
Entretien