Après un premier album surprenant et plus que convaincant, les Psychotic Monks proposent aujourd’hui Private Meaning First, un second opus tout aussi surprenant et très réussi. Les quatre musiciens sont d’abord préoccupés de leur art et s’y engagent ici avec plus de radicalité encore. Tout y est plus resserré, incisif, tranché, en quelque sorte brut, pour un album qui affirme sans concession sa singularité et ses partis pris.

Dans Des espèces de dissolution, il ne s’agit pas tout à fait de « dissolution », et l’on ne sait pas clairement de quoi il s’agit. Les dissolutions dont il est question dans le livre n’ont jamais été vues ni expérimentées. Leur nature est inconnue et le mot n’est pas totalement adéquat. Comment le langage pourrait-il les dire ?

Comment, au cinéma, faire le portrait d’une ville ? Vincent Dieutre répond dans Berlin Based. Ce portrait est réalisé selon les principes d’un cubisme qui ne serait pas synthétique. Leibniz écrivait à peu près qu’une ville est l’ensemble des représentations diverses de ceux qui la regardent en y étant immergés. Le film de Vincent Dieutre est leibnizien, mais il s’agirait d’un Leibniz sans Dieu pour garantir la synthèse et l’harmonie des points de vue.

Extrait de Star, le premier album d’AH-MER-AH-SU, « Perfect » pourrait en être le résumé. Dans Star, les mélodies électroniques sont au service de textes exposant des expériences de soi et du monde dans lesquelles des subjectivités se disent, se heurtent au monde mais aussi à soi-même, s’efforcent de s’inventer en essayant d’inventer un monde dans lequel exister. Star serait une sorte de journal intime mais à plusieurs, tant le disque est traversé par une parole personnelle en même temps que collective.