Eigg, voilà un nom qui risque fort de rien évoquer de ce côté-ci de la Manche et fort peu, en vérité, de l’autre côté, sauf à ceux qui seraient fâchés avec l’orthographe et seraient tentés d’associer ce vocable à un composant du typical English breakfast. Eigg — à prononcer eiké —, équivalent sémantique de island donc en gaélique, est une petite île écossaise de l’archipel des Hébrides, au sud de Skye, détail non négligeable pour les amateurs de whisky, dont la superficie est de 31 km2 (9 km du nord au sud et 5 d’est en ouest), point culminant 393 m, 105 habitants en 2015, bref des chiffres qui ne donnent pas nécessairement le vertige. On notera que Eigg est dans le vent, dans tous les sens du terme, puisqu’elle produit 100% de son électricité à partir d’énergies renouvelables. Alors à quoi bon s’intéresser à ce caillou perdu aux confins de la mer d’Irlande et de l’Atlantique Nord ?

George Saunders, crédit photo NYT

Le Booker Prize 2017 — équivalent britannique du Goncourt — a été attribué à l’auteur américain George Saunders pour son roman Lincoln in the Bardo, aux éditions Bloomsbury. Il s’agit, en vérité, du premier roman de Saunders, qui était surtout connu pour ses nouvelles jusqu’alors. George Saunders, qui a 58 ans, n’est pas, à proprement parler, un auteur traditionnel. Il est venu à l’écriture assez tard. Après avoir commencé une carrière, assez brillante, de géophysicien il est ensuite passé au journalisme puis à la rédaction de nouvelles littéraires, qui lui ont valu plusieurs récompenses aux États-Unis, où il est donc loin d’être un inconnu.

Maintenant que l’insupportable suspense a pris fin et que l’on sait, depuis mardi 10 octobre, que « l’immense » équipe de France de football s’est « si brillamment » qualifiée pour la phase finale de la coupe du monde de football qui se déroulera à partir du 14 juin 2018 dans la grande démocratie dirigée par l’honorablement connu Vladimir Poutine, il est temps de se pencher sur les figures de style — parfois bien involontaires — du langage utilisé par les acteurs du monde du football.

Kazuo Ishiguro

Le 5 octobre 2017 demeurera un grand jour pour la littérature britannique et pour la littérature en général puisque le jury du prix Nobel a décidé d’attribuer la récompense suprême à un orfèvre, qui cisèle les mots avec passion tout en proposant des intrigues habilement construites et envoûtantes, Kazuo Ishiguro, un auteur qui fait rêver, réfléchir et aimer la langue qu’il utilise.

Crédit photo : German Embassy London licence CC 2.0

Est-il encore bien nécessaire de présenter John Le Carré ? De son vrai nom, David (John, Moore) Cornwell, ex-agent secret au service de sa toujours très gracieuse majesté, est devenu, au terme de sa carrière d’espion, un auteur au succès planétaire sous le pseudonyme à la connotation très francisée mentionné en titre.

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Au cas, peu probable quand même, où on ne se souviendrait plus dans les chaumières du groupe anglais punk The Clash, formé en 1976 par Joe Strummer, Mick Jones, Paul Simonon et Nicky Headon, rappelons que le titre de cet article est emprunté à leur grand succès de 1982, Should I stay or should I go ? D’une part parce que le rythme est superbement endiablé, d’autre part parce que les paroles, fondées sur le devenir d’une relation sentimentale entre deux individus, ont pris une résonance prémonitoire dans la mesure où 1982 fut l’année du début du déclin du groupe et finalement de leur séparation. Vingt-quatre ans plus tard ces mêmes paroles prennent un tour que l’on pourrait aisément qualifier de politiquement cocasse, puisque le thème principal, la rupture, est à l’ordre du jour chez nos amis et voisins les Grands-Bretons.

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Cest un peu cavalier de vous appeler par votre prénom et de m’adresser ainsi à un défunt. Mais si nous ne nous connaissions pas, enfin vous ne me connaissiez pas (le contraire eût été peu probable), cependant vous m’étiez tellement familière pour de multiples raisons. Vous étiez tellement attachante, sympathique et digne d’un profond respect que votre disparition m’a affecté comme si nous étions de la parenté comme disent nos cousins québécois. 

La députée assassinée Jo Cox, photo The Houses of Parlaiment
La députée assassinée Jo Cox, photo The Houses of Parliament

Helen Joanne (‘Jo’) Leadbeater, épouse de Brendan Cox, députée travailliste de la circonscription de Batley and Spen, dans le West Yorkshire, où elle était née le 22 juin 1974, est morte, hier jeudi 16 juin 2016, d’une très violente agression, devant la bibliothèque de Birstall où elle venait de tenir une réunion avec ses électeurs (a constituency surgery) pour les convaincre de la nécessité pour le R.U. de rester dans l’UE, sous les balles et les coups de couteau d’un individu qui a hurlé Britain First, slogan qui en rappelle fâcheusement d’autres et qui est aussi le nom d’un minuscule parti d’extrême droite au Royaume-Uni.

Zlatan Ibrahimovic
Zlatan Ibrahimovic

Quelques jours avant que ne commence la coupe d’Europe des nations de football, surnommée de façon significative l’Euro puisque cette compétition engendre beaucoup de profits financiers, l’envoyé spécial de Diacritik aurait rencontré l’ex-attaquant du PSG, Zlatan Ibrahimovic, sur l’îlôt de Clipperton où il était parti se ressourcer parmi les siens. Monarque auto-proclamé (« arrivé comme un roi et parti comme une légende »), on pensait davantage à la phrase de Pierre Dac, « parti de rien et arrivé à pas grand’chose », c’est la raison pour laquelle il semblait nécessaire de rencontrer ce nouveau roi-soleil serbo-suédois.

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En mai 1967, le festival de Cannes, qui n’avait pas encore planté les germes de sa confortable petite rébellion microcosmique et cinématographique de 1968 sur la Croisette, décerna son grand prix à un réalisateur italien, Michelangelo Antonioni, qui avait déjà atteint une grande notoriété avec sa trilogie, L’Avventura (1960), La Notte (1961) et L’Eclisse (1962). Mais, cette fois d’une part Antonioni avait abandonné son Italie natale pour le Londres des années 1960, d’autre part il avait opté pour une adaptation, celle d’une nouvelle littéraire d’un auteur argentin exilé à Paris (où il mourra en 1984 et sera inhumé au cimetière du Montparnasse), Julio Cortazar. 

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Publié en 1874, le roman de Thomas Hardy, Far from the Madding Crowd (titre apocopé depuis l’original Far from the Maddening Crowd), est un roman qui puise dans le romantisme et annonce déjà la veine pessimiste du même auteur, dont l’apothéose sera Jude The Obscure, en 1895, et vient après Under the Greenwood Tree (1872) et avant The Mayor of Casterbridge (1886) et Tess of the d’Urbervilles (1891). Le cadre est la province du Wessex, qui est à la fois le fruit de l’histoire, et notamment de la conquête normande, et de l’imagination de Thomas Hardy, car cette province, imaginaire au XIXè siècle, englobe le Dorset (bastion du Wessex de Hardy, puisqu’il y est né), le Hampshire, le Wiltshire, le Devon, le Somerset, le Berkshire et l’Oxfordshire. Donc, en résumé une vaste province qui va des abords ouest de Londres jusqu’aux premiers lopins de terre de la Cornouaille. Le titre est une référence au poème de Thomas Gray, Elegy Written in a Country Churchyard (1751), le vers complet étant the madding crowd’s ignoble strife, littéralement les querelles ignobles de la foule en folie, ce qui donne le nécessaire éclairage à la compréhension de ce roman, qui oppose les personnages épris de liberté au carcan de la société victorienne.