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Après six romans, un Pulitzer et un Pen-Faulkner Award, Michael Cunningham a surpris en publiant un recueil de contes, Ils vécurent heureux, eurent beaucoup d’enfants et puisEt puis le pire arrive, mais aussi la littérature qui, toujours, s’articule sur l’adversatif.
Diacritik avait rencontré l’écrivain au Salon du livre lors de la parution du recueil en grand format chez Belfond. Flashback, alors que paraît le volume en poche chez 10/18.

Joyce Carol Oates © Christine Marcandier

On pourrait dire de Joyce Carol Oates qu’elle écrit comme elle respire, mais sans doute respire-t-elle parce qu’elle écrit. Elle poursuit depuis des décennies une œuvre prométhéenne, dans sa volonté de dire l’Amérique d’aujourd’hui et d’hier, à l’image d’un Balzac pour la France, dans les années 1830-1840. Des traits de caractère que l’on retrouve dans son dernier roman, Mudwoman, paru dans une traduction de Claude Seban en 2013 chez Philippe Rey et désormais disponible en poche chez Points.

Roger Knobelspiess
Roger Knobelspiess

En 1980, dans sa préface à QHS : Quartier de Haute Sécurité (Stock), Michel Foucault écrit : « voici un rude document ». Non « un témoignage de plus sur la vie carcérale » mais une « expérience » depuis « un point névralgique du système pénitentiaire », ce qu’il nomme une «asphyxie cubique ». Rappeler ces mots de Foucault aujourd’hui, c’est dire la force d’un livre, son empreinte sur plusieurs générations, dire l’importance d’un nom, Roger Knobelspiess, à jamais associé à un combat contre l’injustice et l’enfermement.

Capture d’écran 2016-04-21 à 13.50.33Sortie en poche, chez Piccolo (Liana Levi) du dernier roman de l’écrivain Iain Levison, poil à gratter du confort bien-pensant d’une certaine Amérique, Ils savent tout de vous : certains êtres peuvent lire dans la pensée des autres, un don rapidement utilisé par le gouvernement pour mieux traquer les citoyens. La télépathie est une arme pour le FBI. Mené sur le rythme haletant d’un thriller, le récit de Iain Levison est un brûlot contre nos sociétés de l’espionnage généralisé, de la mise en coupe de la vie privée au nom d’intérêts supérieurs. Critique et entretien avec l’auteur.

Brigitte Fontaine
Brigitte Fontaine est déroutante. Elle publie Boulevard des SMS, avec le dessinateur Alfred, recueil de maximes empreint d’une poésie résolument moderne. Sur ce Boulevard le trafic est dense, on y croise des papillons, Dieu, la langue française (« aphrodisiaque »), des femmes, des hommes, des bêtes, des cornemusiers, des mille-feuilles et même des tiroirs USB, comme un drôle d’autoportrait diffracté (même si l’image ne lui plait guère)… Brigitte Fontaine nous reçoit chez elle pour nous parler de ce drôle d’univers mais aussi de son admiration pour Bob Dylan, Prince ou Serge Gainsbourg. L’entretien est à son image, hors des clous et zazou, jusqu’à sa conclusion : elle nous fait écouter Kathleen Ferrier chantant Brahms, une de ses chanteuses préférées, avec Billie Holiday et Nina Simone. Décidément, Brigitte Fontaine préfère parler des autres pour se dire, l’une de ses nombreuses élégances.

Instagram Augustin Trapenard

Le comité de visionnage de Diacritik a regardé 21cm, la nouvelle émission littéraire de Canal Plus dont la première a eu lieu hier soir à 22h50. Verdict façon jury d’épreuve de patinage artistique, avec ses notes techniques (on plaisante) et la subjectivité assumée d’enfin voir une nouvelle émission consacrée aux livres à la télévision. Fût-elle sur une chaîne cryptée.

Capture d’écran 2016-04-21 à 13.50.33Retour sur un roman publié en octobre dernier, signé Iain Levison, poil à gratter du confort bien-pensant d’une certaine Amérique, Ils savent tout de vous : certains êtres peuvent lire dans la pensée des autres, un don rapidement utilisé par le gouvernement pour mieux traquer les citoyens. La télépathie est une arme pour le FBI. Mené sur le rythme haletant d’un thriller, le récit de Iain Levison est un brûlot contre nos sociétés de l’espionnage généralisé, de la mise en coupe de la vie privée au nom d’intérêts supérieurs.

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Mardi 26 avril, Arte consacre sa soirée à Tchernobyl, 30 ans après, avec la diffusion de trois documentaires, tous liés à la catastrophe du 26 avril 1986 et à ses conséquences sur les hommes et l’environnement. Mais le champ de radiation ne connaît pas les frontières géo-politiques et c’est l’ensemble de la planète qui doit interroger son rapport au nucléaire, aux déchets radioactifs et aux conséquences des incidents, comme l’a montré plus récemment Fukushima, il y a 5 ans. Comme le dit un Amérindien dans le second documentaire que diffuse Arte, c’est « un pacte faustien conclu par la science aux dépens de la société. »

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Rencontre avec Michael Cunningham dans un des petits salons mis à disposition de la presse à Livre Paris, le 20 mars dernier : l’écrivain américain, après six romans, un Pulitzer et un Pen-Faulkner Award, surprend en publiant un recueil de contes, Ils vécurent heureux, eurent beaucoup d’enfants et puisEt puis le pire arrive, mais aussi la littérature qui, toujours, s’articule sur l’adversatif.

Gainsbourg par Jef Aérosol, Paris, place Clichy Rue de Verneuil © C. Marcandier
Gainsbourg par Jef Aérosol, Paris, place Clichy © C. Marcandier

Serge Gainsbourg aurait eu 88 ans le 2 avril prochain. Mais il est mort il y a 25 ans, le 2 mars 1991. On l’imagine mal, de toute façon, atteindre cet âge respectable, eu égard à sa diététique à rebours, à base de nicotine et de 102… Hommage en quelques livres qui reviennent sur un parcours d’exception ou, comme Johan Sfar, font de la légende Gainsbourg une part de leur univers.