« Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent »
Louis Aragon

En split-screen, deux villes en guise de générique. D’un côté, New York au temps des Twin Towers. De l’autre, le Tower Bridge de Londres qui enjambe la Tamise. Tours érectiles, tapis d’eau amniotique, transversalités masculines féminines, fourmilière urbaine encline aux rencontres illégitimes. Deux plans fixes pour ouvrir le film, stipuler son parti-pris narratif. Ici, l’adaptation française de Tromperie de Philip Roth (Deception), blanc, juif, hétérosexuel, romancier reconnu de Brooklyn, atterri à Londres pour rafraîchissement d’inspiration, et qui reçoit dans son bureau son amante anglaise sans prénom. L’écrivain américain et la maîtresse britannique sont interprétés par deux acteurs on ne peut plus français : Denis Podalydès et Léa Seydoux réunis par Arnaud Desplechin pour une aventure extra-conjugale pendant les eighties.

Cet article est dédié à un Vainqueur qui se bat

Parce qu’Emmanuelle Bercot aime pleurer au cinéma, elle rêvait de s’essayer au genre du mélo. Inspirations du désir : réunir une nouvelle fois, après La Tête haute en 2014, Catherine Deneuve et Benoît Magimel dans un tandem mère-fils. Provocation du destin : la rencontre, à New York, avec le Docteur Gabriel Sara.