Avec La Fille qu’on appelle, Tanguy Viel signe sans aucun doute son plus grand roman à ce jour. Dans une ville de province, une jeune femme, Laura, fille du boxeur Max Le Corre et mannequin à ses heures, décide un jour d’aller rendre visite à Quentin Le Bars, maire de la ville, afin qu’il lui trouve un logement. Mais une fois qu’elle rencontre cet homme de l’Ancien Régime, rien ne se passe comme prévu. Puissante et sombre fable contemporaine, La Fille qu’on appelle marque un tournant décisif dans l’écriture de Viel en questionnant plus avant les rapports sociaux, et notamment la domination du masculin dans la société française. Rarement un tel portrait de femme, aliénée par la tyrannie masculine, aura atteint en littérature une telle force politique. Autant de raisons pour Diacritik de partir à la rencontre du romancier pour discuter d’un des romans les plus remarquables de ces dernières années.

Indubitablement, Icebergs de Tanguy Viel, qui paraît aujourd’hui aux éditions de Minuit, s’impose comme un livre clef des années 10. Après la splendide Disparition de Jim Sullivan et le fulgurant Article 353 du code pénal, Tanguy Viel interroge ici l’écriture elle-même et enquête sur cette puissance qui tourne incessamment en lui, entre vide et mélancolie, et qui ne cesse de l’habiter entre deux romans.

« J’ai une machine pour voir qui s’appelle les yeux, pour entendre les oreilles, pour parler la bouche. Mais j’ai l’impression que c’est des machines séparées. Y’a pas d’unité. On devrait avoir l’impression d’être unique. J’ai l’impression d’être plusieurs » : telles sont, immanquables et tremblantes, les quelques phrases par lesquelles, dans Pierrot le fou de Godard, le personnage de Ferdinand, bientôt Pierrot, est conduit à constater, désabusé et résigné, qu’il ne peut être que le spectateur impuissant de sa propre faillite à être.

La saison des prix se poursuit, les listes des livres sélectionnées se réduisent. Cet article sera actualisé toute la semaine prochaine, avec les prochaines listes du Goncourt (le 5), du Medicis (le 6) et du Prix de Flore (le 11). L’article a été actualisé, les lauréat.e.s sont indiqué.e.s dès qu’elles et ils sont connu.e.s

Article 353 du code pénal, l’un des plus puissants romans de Tanguy Viel, vient de paraître en « Double », la collection de poche des éditions de Minuit, l’occasion pour Diacritik de revenir sur le grand entretien que l’écrivain avait accordé à Johan Faerber lors de la sortie du livre en grand format.

Deux grands livres de la rentrée littéraire ont déjà été couronnés : Jean-Baptiste Del Amo a reçu le prix du roman FNAC pour Le Fils de l’homme (Gallimard) et Jean-Claude le Prix littéraire Le Monde pour Jacqueline Jacqueline (Seuil, « La Librairie du XXIe siècle »). D’autres prix ont annoncé leurs premières listes. Retrouvez-les ici, par ordre chronologique de publication des listes, avec liens vers les articles et entretiens publiés dans Diacritik. Cet article est périodiquement mis à jour.

Tout utilisateur d’une tablette ou liseuse a dû comme moi voir apparaître cette notification étrange lui proposant de calculer et améliorer son « score » de lecture et ironiser sur cette idée saugrenue. Voilà pourtant que paraît, qui plus est aux prestigieuses éditions de Minuit, un Éloge du mauvais lecteur. La qualité de nos lectures pourrait-elle donc être évaluée ? La question valait d’être posée à son auteur, Maxime Decout, grand lecteur de Perec ou Gary et spécialiste de la mauvaise foi comme de l’imposture.

Qu’écrit-on lorsque l’on écrit ? Commence-t-on l’écriture à partir de soi ou de ce que le monde veut bien laisser en nous ? S’agit-il d’explorer par le verbe ce qui se dit d’intime en nous ou sommes-nous toujours déjà condamné aux puissances de l’extime ? Autant de questions que cette première journée du Banquet du livre d’automne 2018, dont Diacritik est le partenaire, entend ouvrir et déployer à travers ses deux premiers invités : Johan Faerber et Jean Rouaud.

Ce vendredi 17 mars se poursuit le cycle des « Soirées Diacritik » initié à la librairie Atout Livre qui est désormais le partenaire de nos rencontres littéraires et critiques où, régulièrement, un auteur vient échanger avec la revue et le public autour de son œuvre.
Ce nouveau rendez-vous, animé par Johan Faerber (Diacritik) et David Rey (Atout Livre), prend place vendredi à 19h30 avec Tanguy Viel à l’occasion de la récente parution de son noir et puissant Article 353 du code pénal (Minuit).