En 2019, Sandra Lucbert, sociologue et romancière, assiste au procès de France Télécom durant lequel sept dirigeants de l’entreprise sont jugés à la suite du grand nombre de suicides entraînant dans la mort des employés du groupe de télécommunications, des suicides dus à tout un harcèlement moral de grande dimension accompagnant un projet de licenciement étalé sur trois années de 22000 des membres du personnel.

En 2019, Sandra Lucbert, sociologue et romancière, assiste au procès de France Télécom durant lequel sept dirigeants de l’entreprise sont jugés à la suite du grand nombre de suicides entraînant dans la mort des employés du groupe de télécommunications, des suicides dus à tout un harcèlement moral de grande dimension accompagnant un projet de licenciement étalé sur trois années de 22000 des membres du personnel.

Indispensable : c’est le mot qui vient à l’esprit pour qualifier le percutant texte de Sandra Lucbert, Le Ministère des contes publics qui vient de paraître dans la Petite Jaune de Verdier. Poursuivant avec encore plus de force le travail d’investigation ouvert dans Personne ne sort les fusils, Sandra Lucbert interroge la narration néolibérale de notre monde, ce qui en fait un récit aliénant et hégémonique sans même que nous le percevions. C’est pour sortir de ce conte, notamment sur la Dette Publique, que son texte offre les moyens ardents d’un réveil : sortir du rêve de l’autre mais avec les moyens de la littérature même, de la critique littéraire. C’est la littérature qui, plus que jamais est au cœur de son travail pour mieux se saisir du monde. Autant de questions que Diacritik ne pouvait manquer d’aller poser, le temps d’un nécessaire grand entretien, à Sandra Lucbert.

Le dernier livre d’Arno Bertina, dédié à « ceux qui ne renoncent pas », est écrit « en mémoire de Yann Augras, GM&S / et pour Hugues Bachelot aussi ». La dédicace concentre un ethos de résistance et de mémoire, il est « livre de deuil » comme « livre de combat ». Ceux qui trop supportent n’est pas le simple enregistrement des années de lutte des salariés de La Souterraine. Arno Bertina est ici compagnon de lutte et « observateur enthousiaste » plus que témoin, il raconte plus qu’il ne chronique, il fait du combat des GM&S pour « sauver l’usine de La Souterraine » un conflit au sens le plus fort du terme : « on est chez Racine, quand la noblesse des décisions est la condition de la tragédie ; et dans Shakespeare, quand les gagnants sont des minables, des bandits, des criminels ».