Le livre de Marie de Quatrebarbes, Voguer, se réfère au voguing. On y retrouve Venus Xtravaganza ou Pepper LaBeija qui apparaissaient dans le beau film de Jennie Livingston, Paris is Burning. Sont également présents Ninetto, l’amant de celui qui fut « assassiné dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975 sur la plage d’Ostie » (Pasolini), ou encore « les amants qui ne se rencontrèrent pas à Winkel, au mois de juin 1804 ».

Si le titre du livre de Marie de Quatrebarbes, Gommage de tête, est emprunté à Eraserhead, le film de David Lynch, ce titre est en français plus polysémique : le gommage comme effacement mais aussi comme élimination des peaux mortes – un gommage pour supprimer, effacer de l’existence, autant que pour vivifier, rendre plus vivant : ôter ce qui est mort ou faire disparaître de l’existence. Dans les deux cas, il s’agit d’enlever, soustraire.

Dans Voguer, Marie de Quatrebarbes s’appuie sur le voguing pour élaborer un texte et une poétique faits de mouvements, de lignes qui ouvrent la forme du texte, comme la danse peut ouvrir la forme du corps et y inclure tout autre chose que le simple corps. Entretien avec l’auteure où il est question de poésie et de traduction, de Dawn Lundy Martin et de John Wayne, de récit, de mashup, de désir d’émancipation, de violence raciste, ou encore du « nous » qui ferme comme du « on » qui ouvre.

Le cinquième numéro de La tête et les cornes poursuit ce qui fait la singularité de cette revue de poésie : privilégier les traductions, élargir le champ de notre perception et compréhension de la poésie contemporaine, ouvrir la poésie à sa pluralité, l’interroger comme espace commun de cette pluralité irréductible – la poésie étant alors le contraire d’une langue composée de mots d’ordre, l’inverse d’une langue surplombante et unifiée.

Depuis Dans la tour, paru en 1984, Danielle Mémoire est l’auteur d’une vingtaine de livres publiés aux éditions P.O.L. En octobre 2017 a paru Les Auteurs. Lors de l’élaboration de ce livre, bien avant sa publication, Marie de Quatrebarbes et Maël Guesdon avaient rencontré Danielle Mémoire et s’étaient entretenus avec elle, entre autres, de ce livre en cours d’écriture. C’est cet entretien qui est retranscrit ici, où il est question, donc, d’écriture, d’auteurs et de personnages, de sexes et de genres, de bêtise, de théâtre, du mystérieux « corpus » ou encore de… socquettes.

Entretien avec Marie de Quatrebarbes autour de Gommage de tête qui vient de paraître chez Eric Pesty éditeur : il y est question de boîte verte et tête coupée, de boules de billard cosmiques, de robinets, soit d’un usage sérieux comme ludique de référents cinématographiques ou artistiques, d’« emprunts et empreintes », de la composition même de ce livre depuis « des forces plastiques qu’on ne peut pas contraindre : C’est une matière dynamique, engagée dans de multiples essais de formes ».

Les écrivains Marie de Quatrebarbes et Maël Guesdon rencontrent le cinéaste Alain Cavalier : un entretien où il est donc question de cinéma, d’images, de littérature, de textes et récit, de représentation, mais aussi de mort, de l’Inconscient, d’Homère et Charles Trenet, de dépression, d’animaux, du Christ, et bien sûr, surtout, de création.

Si les revues littéraires, en particulier celles de poésie, ont le plus souvent peu de visibilité, elles offrent aussi des possibilités moins contraintes et plus aventureuses que celles de beaucoup de maisons d’édition, proposant des expériences littéraires, publiant des auteurs peu ou non édités par ailleurs, les réunissant et créant des rencontres qui permettent aux revues de construire des constellations, des convergences, des points de vue multiples sur la littérature et sur ce que pourrait être une édition de création plus vivante.

Le poète et artiste palestinien Ashraf Fayadh a été accusé et déclaré coupable d’apostasie par le tribunal général d’Abha, en Arabie Saoudite, où Ashraf Fayadh résidait. Dans un premier temps, Ashraf Fayadh a été condamné à mort. En 2016, cette sentence a été remplacée par un emprisonnement d’une durée de 8 ans – emprisonnement auquel s’ajoute une peine de 800 coups de fouet.

En prélude au 28e Salon de la Revue qui se tiendra le 9, 10 et 11 novembre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de revues qui y seront présentes et qui, aussi vives que puissantes, innervent en profondeur le paysage littéraire. Aujourd’hui, entretien avec Paul de Brancion de la très belle Sarrazine.

J’ai proposé à 52 personnes de filmer avec un smartphone pendant une minute, chacune depuis la fenêtre de son lieu de confinement, dimanche 29 mars, sur la tranche 12:00-12:53.
En résulte LE FILM DES INSTANTS : un film choral qui dit ce que chaque maillon de cette chaîne collaborative voit, à midi, à sa fenêtre. 

Marie de Quatrebarbes
Marie de Quatrebarbes

Il y a un tir, la couleur de ce tir et l’effroi qui l’a libéré, qui le diffuse lentement et, dans la couleur de ce tir, comme une infiltration où quelque chose de plus fort se décroche et parvient au-devant de son terme. Ce terme, qui n’est pas tenu d’aboutir quand bien même il serait visé, n’est que début ou chancellement quand la couleur surgit et quelque chose s’obscurcit, s’efface et surgit à nouveau dans une exclamation de pur effroi et la couleur, devenant effroi à son tour par contagion, gagne le corps au point où le corps se soumet et s’abjure et se vend au plus offrant, se déshabille et s’agenouille face contre terre.