L’Alpha et l’Oméga du roman d’espionnage et de l’art du roman : tel serait peut-être l’ultime sens à donner à cette énigmatique lettre Sigma, titre du troisième et remarquable livre de Julia Deck qui paraît en cette rentrée et dont il constitue l’un des points d’incandescence.
Après Viviane Élisabeth Fauville et Le Triangle d’hiver, Julia Deck dévoile ici l’histoire aussi échevelée que rigoureuse, aussi ironique que sérieuse, aussi puissante que neuve d’Alexis Zante, banquier suisse et collectionneur d’art qui se voit (sans le voir) pris au cœur d’une affaire d’espionnage, pisté par une galerie impressionnante d’espions travaillant pour une mystérieuse Organisation répondant à un nom qui n’est qu’une lettre : Sigma.

Julia Deck (DR)

Julia Deck publie son troisième roman, Sigma, aux éditions de Minuit. Rompant en apparence avec ce qui semblait être le fondement de son univers littéraire (l’exploration à la fois clinique et décalée de la psyché féminine), l’auteure approfondit de fait les perspectives de son œuvre, bien sûr présentes dès Viviane Elisabeth Fauville et Le Triangle d’hiver : la dissimulation, la fiction comme révélateur du réel ou les référents culturels comme mise en jeu de notre rapport au réel et questionnement de vérités un peu trop vite établies.

Julia Deck (DR)

Après les remarquables Viviane Élisabeth Fauville et Le Triangle d’hiver, Julia Deck revient en cette rentrée avec sans doute aucun son meilleur roman à ce jour : le trépidant et brillant Sigma. Véritable alpha et oméga de l’art du roman, Sigma présente l’histoire aussi rigoureuse qu’échevelée, sérieuse qu’ironique et neuve que puissante d’Alexis Zante, banquier suisse et collectionneur d’art, pris au cœur d’une affaire d’espionnage, pisté par une galerie impressionnante d’espions travaillant pour une mystérieuse Organisation répondant à un nom qui n’est qu’une lettre : Sigma.
Diacritik a rencontré Julia Deck le temps d’un grand entretien afin d’évoquer avec la romancière ce nouveau livre qui constitue l’un des plus importants de cette année.

Rencontres Diacritik/Atout Livre, 20 avril 2017

La troisième rencontre Diacritik/Atout Livre a réuni, jeudi dernier, Romaric Vinet-Kammerer et Julia Deck autour de la figure de Cookie Mueller dont les éditions Finitude viennent de publier Traversée en eau claire dans une piscine peinte en noir. La soirée était animée par David Rey. Diacritik vous propose de la revivre, via une captation sonore des échanges.

« Récit personnel » annonce un avertissement liminaire : The Red Parts de Maggie Nelson, d’abord paru en 2007, avec adjonction d’une préface inédite en 2012, paraît en français en cette rentrée, aux éditions du sous-sol, dans une très belle traduction de Julia Deck.

Tanguy Viel

Ce vendredi 17 mars se poursuit le cycle des « Soirées Diacritik » initié à la librairie Atout Livre qui est désormais le partenaire de nos rencontres littéraires et critiques où, régulièrement, un auteur vient échanger avec la revue et le public autour de son œuvre.
Ce nouveau rendez-vous, animé par Johan Faerber (Diacritik) et David Rey (Atout Livre), prend place vendredi à 19h30 avec Tanguy Viel à l’occasion de la récente parution de son noir et puissant Article 353 du code pénal (Minuit).

Pour sa troisième édition, le jeudi 20 avril à 19 h 30, la librairie Atout Livres et Diacritik vous proposent une soirée autour de Cookie Mueller, en compagnie de Romaric Vinet-Kammerer, traducteur de Traversée en eau claire dans une piscine peinte en noir qui vient de paraître aux éditions Finitude. La rencontre sera animée par Julia Deck, romancière.

Cookie Mueller, née en 1949 dans la banlieue de Baltimore, morte du sida en novembre 1989, est une égérie underground, une figure de l’avant-garde new-yorkaise des années 70-80. Elle échappe aux cadres, a été actrice (dans les films de John Waters), gogo-danseuse, écrivain, critique, autant d’activités que l’on retrouve dans les scènes qui composent cette Traversée en eau claire dans une piscine peinte en noir, portrait kaléidoscopique d’une femme libre, une « fille de feu », pour reprendre le terme nervalien par lequel Gary Indiana la définit :

Claude Simon (1913-2005), victime malgré lui d’un canular réactionnaire

Claude Simon, ce serait, décidément, mort ou vivant, l’éternelle bataille de la phrase. Telle serait la conclusion hautement morale et finement désabusée qui viendrait conclure le canular dont chacun depuis lundi s’émeut : deux amis, Serge Volle, écrivain et peintre de 70 ans et un « ami écrivain très connu dont Volle ne veut pas dire le nom » affirment qu’aucun éditeur aujourd’hui « n’accepterait de publier Claude Simon ». Décision est alors prise d’envoyer 50 pages du Palace, roman de Claude Simon, à « dix-neuf éditeurs, petits et grands ». Le constat est sans appel : sur les 19 éditeurs dont le nom demeure un mystère dans l’histoire de l’humanité, 7 ne prennent pas la peine de répondre quand 12 le refusent au prétexte notamment de « phrases sans fin… qui font perdre le fil au lecteur ». La démonstration serait donc faite, et elle prendrait les allures d’un crime de lèse-majesté de la Littérature même : le Prix Nobel de 1985 ne pourrait plus être publié en 2017.