Tout part d’un souvenir : il y a « 42 ans, 2 mois et peut-être 15 jours », Christian Rosset s’était rendu rue de Seine dans les locaux de la revue Change, pour y retrouver Jean-Pierre Faye et Mitsou Ronat. Il y rencontre, pour la première fois, Jacques Roubaud. Depuis cette origine se tisse une conversation avec l’écrivain et poète, « A la recherche de Jacques Roubaud », que les auditeurs de France Culture pourront découvrir mercredi 16 mai, de 23 heures à minuit.

Toute nouvelle publication d’un auteur dont on suit le parcours depuis longtemps est incitation à se replonger dans l’œuvre, pas nécessairement dans sa totalité, mais disons dans une assez large part de son corpus (tout dépend du nombre d’ouvrages que l’on a accumulés dans sa bibliothèque – en ce qui concerne Jacques Roubaud, je viens d’en compter 59, et j’en ai probablement oublié quelques-uns).

À l’occasion des 30 ans de La Librairie du XXIe siècle créée et dirigée aux éditions du Seuil par Maurice Olender, la Bpi organisait, le 9 décembre, une rencontre avec quelques-un.e.s des auteur.e.s qui se croisent dans cette collection éclectique, riche de plus de 250 titres traduits en une quarantaine de langues.
Edit : en raison du mouvement de grève, la rencontre est reportée à une date ultérieure, qui vous sera communiquée dès que nous en aurons connaissance.

Une petite constellation à l’articulation de deux années improbables : elle concerne des auteurs – deux écrivains et un compositeur essayiste – dont j’ai découvert le travail peu avant d’avoir vingt ans. Les ayant rencontrés dans la foulée, j’ai suivi leur parcours, avec la chance de pouvoir échanger régulièrement avec eux. On n’en a jamais fini avec qui vous a ouvert des pistes ; on n’en a jamais fini de frayer en belle compagnie.

1. Dans un entretien réalisé par Anne Malaprade et Jérôme Mauche pour le Cahier Critique de Poésie 32 (cipM, 2016), Jean Frémon (né en 1946) retrace son parcours d’écrivain d’abord accueilli au Seuil par Jean Cayrol dans l’immédiat après-68, puis par Bruno Roy à Fata Morgana en 1972, avant que ses livres les plus ambitieux (ceux qui présentent un certain volume) ne soient confiés à son compagnon d’études et ami, Paul Otchakovsky-Laurens, à partir de 1976 : “Je vivais dans l’illusion gratifiante que j’étais un écrivain, alors que je n’avais publié que des sottises [ses premiers romans avec lesquels il a rapidement pris distance]. Au moins ai-je toujours su que ce ne serait jamais mon métier et qu’il m’en fallait un. Mes études terminées, j’ai été embauché par l’intermédiaire de Bernard Noël chez Jean-Jacques Pauvert que j’ai quitté à la demande de Jacques Dupin pour rejoindre la Galerie Maeght.”