Encore la bande dessinée ? Ce n’est pas fini, cette histoire ? On veut bien croire qu’il y a eu, récemment – enfin, il y a environ un demi-siècle – une explosion salutaire, suivie par quelques tentatives, de restauration tout d’abord, puis surtout de récupération, qui auront à leur tour provoqué quelques crises où se seront affirmées une, deux, et même trois générations d’auteurs et d’autrices que l’on aurait pu croire à première vue sans attaches, même si, pour une part non négligeable d’entre elles et d’entre eux, plus que respectueux des grandes figures de l’histoire du genre, ou disons du champ (de ruines) où se dressent encore fièrement quelques pierres à l’effigie de héros increvables, à peine érodées par le vent souvent mauvais de l’air du temps.

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Ce n’est pas tous les jours qu’un livre s’ouvre par une citation de La peinture à Dora de François le Lionnais. C’est le cas de Pieter Bruegel La biographie de Leen Huet (traduit du néerlandais par Marie Hooghe) que publie CFC Éditions à Bruxelles. Le récit de Le Lionnais (publié une première fois en mars 1946) se passe dans le camp allemand de Dora où l’auteur, grand résistant, a été incarcéré en 1944-45.

C’est quand le guetteur se surprend à ne plus rien attendre que tout arrive (air connu). Je viens de retrouver ces lignes de Paul Auster dans Moon Palace, recopiées il y a vingt-cinq ans sur une page de carnet : “Avec le temps, je commençais à remarquer que les bonnes choses n’arrivaient que lorsque j’avais renoncé à les espérer. Si c’était vrai, l’inverse devait l’être aussi : trop espérer les empêcherait de se produire.” Être travaillé par l’attente de l’inattendu, c’est avoir l’esprit plus libéré qu’entravé par le sentiment que, vagabondant sur un champ de ruines, nous pourrons ramasser, si la chance nous sourit, quelques vestiges de tentatives en apparence avortées, mais ouvrant certaines voies que le souci de “réussite” interdit de frayer.

1. C’est en février 2009, alors que sortait en librairie une nouvelle formule de Lapin (la quatrième de cette revue de L’Association en perpétuelle métamorphose), que le nom d’Anne Simon a commencé à me faire signe (même si j’avais déjà survolé Perséphone aux enfers, publié en 2006 chez Michel Lagarde).

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L’édition restaurée en Blu-ray et DVD chez Carlotta des trois premiers long-métrages en 35 mm de Jean-Claude Brisseau, Un jeu brutal, De bruit et de fureur et Noce Blanche, nous permet – il était temps ! – de reprendre lien avec une des œuvres majeures du cinéma français de ces quarante dernières années