« Better Things » : better call Pamela

Pamela Adlon, connue généralement pour son rôle de Marcy Runkle dans la série Californication, est de retour pour une saison 3 de l’hilarante Better Things, série qu’elle écrit et réalise pour FX et diffusée en France chaque samedi sur Canal+.

C’est en quelque sorte une version alternative, Pamela Adlon-isée, et peut être un peu moins sombre, moins torturée, de la série géniale Louie (dont elle est productrice), qui mettait en scène Louis C.K. dans une autofiction de looser éternel partagé entre sa vie sordide de comique en devenir et son rôle de père célibataire élevant deux jeunes filles. Pamela Adlon y tenait déjà un rôle assez proche de celui de Sam Fox dans Better Things. Il faut noter aussi, au risque de perdre le fil, que Pamela Adlon et Louis C.K. avaient déjà collaboré sur la série Lucky Louie, où ils interprétaient un couple élevant une jeune enfant.

Elle a donc créé avec Louis C.K. une nouvelle série taillée à sa mesure qui lui permet d’enfin tenir le premier rôle qu’elle méritait, et qui reprend les thématiques du partage entre vie professionnelle compliquée et vie familiale délirante – ici d’une mère célibataire qui élève seule ses trois enfants. C’est à dire mener à la fois une vie de rock star avec tout ce que cela implique en terme d’image à construire, tout en menant une deuxième vie parallèle de sergent instructeur d’une bande de filles qui s’éveillent à la vie et à ses vicissitudes. Un supplice qui n’a rien à envier aux antiques.

Pour cette saison 3 le premier épisode amorce avec humour l’envol de la fille aînée de Sam, Max (Mikey Madison), qui entre à l’université, donnant lieu à une scène de courses mère-fille hilarante, où Sam remplie pour sa fille le caddie de préservatifs, serviettes hygiéniques, pilules du lendemain (à mettre dans une assiette pour partager avec les amies en soirée), ibuprofène, nouilles chinoises, jusqu’à ce qu’il soit plein de toutes ces choses indispensables pour débuter des études supérieures.

La série semble continuer sur sa lancée et on retrouve avec plaisir les personnages et les ingrédients qui ont fait le succès des premières saisons : les tensions hilarantes et impossibles du foyer, dans la dynamique propre à chacun de ses enfants qui, se cherchant une place dans le monde, apporte son lot de péripéties familiales, entre questions éternelles (qui suis-je, où vais-je) et thématiques actuelles (écologie, genre, féminisme) ; la vie d’actrice/comique avec ses canons de beauté, la concurrence rude, les dialogues mal écrits, les codes de sociabilité et sa propension à ne pas faire partie du monde réel ; et sa voix si caractéristique… l’énergie de Pamela Adlon nous emporte comme une tornade.

L’époque est aux séries sur les comiques, comme si ces fictions, autofictions, étaient la continuation sur écrans bleus d’un stand-up arrivé à la perfection de son art. Il faut dévorer la série I’m Dying Up Here de Dave Flebotte, adaptée d’un roman de William Knoedelsede sur la fabrique des comiques de Stand Up à Los Angeles dans les années 70, pour ses dialogues hallucinants d’humour et sa noirceur qui propulse les comiques au rangs de rock-stars ou de poètes maudits, devenant la chair à canon d’une industrie en essor qui sait tirer partie de leurs blessures. Il faut bien sûr voir et re-voir la série Louie. Et Better Things.

Crédits : FX

Better Things, saison 3, De Louis C.K. & Pamela Adlon. Avec : Pamela Adlon, Mikey Madison, Hannah Alligood, Olivia Edward… FX – diffusé sur Canal Plus en US + 24