Une question de vocabulaire : alerte à la « mélenchonnite »

Depuis la campagne pour l’élection présidentielle de 2012, un singulier virus a surgi qui s’est prolongé en 2017 en faisant apparaître des symptômes spécifiques liés à une altération apparente de la santé de bon nombre d’électeurs et une classification spécifique de ces mêmes électeurs. Tous ces individus souffriraient de ce qu’il convient de nommer la « mélenchonnite », une tendance accrue à récuser tous les programmes, tous les faits avérés et toutes les préconisations politiques et sociales si elles ne sont pas agréées et validées par un élu qui répond au nom de Jean-Luc Mélenchon donc. Les adeptes de l’élu (mot qu’ils entendent au sens biblique) sont généralement désignés comme étant des « mélenchonnâtres ».

Selon le suffixe –ite, d’origine grecque (-itis), désigne les maladies de nature inflammatoire telles que la bronchite, la conjonctivite, la gingivite et, bien sûr dans le cas qui nous intéresse la méningite. Les sujets atteints de « mélenchonnite » se reconnaissent par des poussées de fièvres oratoires, une agressivité accrue, une tendance à refuser la vérité surtout si elle est évidente et à pratiquer une forme de tolérance très particulière, puisqu’ils ne supportent les argumentations des autres que si ces derniers sont totalement d’accord avec eux, et une volonté de développer l’amnésie comme programme politique.

Ainsi tous ces adeptes accréditent et propagent l’idée que leur idole, qui a paradoxalement lancé le concept de « dégagisme », est un homme neuf en politique, alors qu’il a été, depuis trente cinq ans, ministre et secrétaire d’état des premiers gouvernements de François Mitterrand (lui-même totalement neuf depuis Vichy jusqu’à l’Elysée en passant par la IVème République), sénateur et député européen. La « mélenchonnite » provoque donc une immense confusion sur les dates de péremption, le label fraîcheur et les codes-barres. Un comportement largement développé par des « mélenchonnâtres ».

Le suffixe –âtre, du latin aster-asteris (l’étoile…), a donné plusieurs noms et adjectifs qui expriment soit la soumission à une référence présumée (idolâtre), soit l’approximation, la diminution et la dépréciation. Il est assez étonnant de constater qu’avec les « mélenchonnâtres » nous avons les deux acceptions étymologiques du suffixe péjoratif. Bien que n’ayant pas lu l’œuvre de George Orwell, le « mélenchonnâtre » a tendance à diffuser les préceptes de Big Brother dans 1984, war is peace, freedom is slavery, ignorance is strength (p-25).

Ainsi le Venezuela est présenté comme un havre de paix, Maduro comme un grand démocrate, Vladimir Poutine comme une référence démocratique et Laurent Wauquiez comme une victime des médias. A ce jour il existe deux remèdes efficaces contre la « mélenchonnite » et les « mélenchonnâtres », le débat contradictoire dans le respect mutuel et l’information citoyenne fondée sur des faits avérés et vérifiés.

Cela dit, le Vidal et le Larousse sont formels : respectez la posologie et si les symptômes persistent, cessez d’aller sur Twitter et consultez vos journaux préférés.