Robert Burns (1759-1796) et la Burns Night écossaise du 25 janvier

La nuit Robert Burns est une célébration typiquement écossaise entre nationalisme et ode à la terre. C’est un évènement qui est peu connu sur le continent et dont on parle peu dans le reste du Royaume-Uni, Brexit oblige…

Comme chaque année, la Burns Night est célébrée le 25 janvier, en commémoration de la vie du poète Robert Burns — qui naquit le 25 janvier 1759 et mourut en 1796 dans le comté de Dumfries and Galloway — et de sa contribution à la culture écossaise. En cette occasion, les Écossais, en Écosse et à travers le monde, se réunissent pour une soirée de poésie, de musique, de nourriture et de boissons. Ils mangent du haggis (panse de brebis farcie), plat caractéristique de l’Écosse et boivent du whisky tout en dansant au son des bagpipes (cornemuses), et lisent des poèmes de Burns, notamment Tam O’ Shanter et Auld Lang Syne.

Il n’est pas impossible que la célébration de 2018 ait une signification plus profonde encore que d’ordinaire, car le référendum sur l’indépendance de l’Écosse, perdu à l’automne 2015, a laissé des traces et des rancœurs parmi tous ceux qui rêvaient de se détacher définitivement de Westminster. Par ailleurs elle arrive au beau milieu d’une controverse assez véhémente rapportée par le Guardian et selon laquelle Burns aurait été a weinsteinian sex pest, accusation qui a mis les spécialistes du poète écossais en fureur.

Robert Burns à l’âge de 28 ans © The Museum of Edinburgh

Robert Burns est considéré comme le poète national de l’Écosse, car son œuvre a décrit le travail de la terre, l’amour de la campagne, la vie des paysans et des travailleurs, et l’amour de la terre natale. La ferveur autour de Burns est d’autant plus grande qu’il s’agit d’un homme d’extraction modeste qui symbolise à merveille l’Écosse laborieuse et rurale. Aîné des sept enfants de William Burns, métayer désargenté et autodidacte qui prit en mains l’éducation de sa propre descendance, Robert Burns réussit néanmoins à intégrer l’école paroissiale de Dalrymple et à partager son temps entre le travail à la ferme et l’instruction ainsi reçue. En 1777 la famille s’installa à Tarbolton, et, là, Robert s’essaya à la poésie. Initié à la loge maçonnique de Tarbolton en 1782, Robert passa de petit métier en petit métier, tout en continuant à alimenter sa passion pour la poésie. En 1786, un travail lui fut proposé dans une ferme en Jamaïque, mais Robert n’avait pas l’argent nécessaire à la traversée. Son ami Gavin Hamilton lui suggéra de publier ses poèmes pour payer son voyage, et ce fut le début du succès et de la gloire.  Même les écossais qui lisent peu connaissent les poèmes de Robert Burns. De retour en Écosse en 1786 Robert Burns s’installa dans le Dumfries and  Galloway  et devint une figure nationale. Il mourut en pleine gloire en 1796 et tout au long du XIXè siècle son œuvre fut appréciée et célébrée dans le monde anglophone, jusqu’à la Maison Blanche, puisqu’Abraham Lincoln aimait beaucoup les poèmes de Burns. Dans la ville natale de Robert Burns, Alloway, dans le South Ayrshire, une procession est organisée, la Burns Night, chaque 25 janvier, et la nuit se termine par un feu d’artifice.

The Burns Cottage in Alloway, Ayrshire © The Dumfries and Galloway Museum

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My Love is Like a Red, Red Rose
O my Luve’s like a red, red rose
That’s newly sprung in June;
O my Luve’s like the melodie
That’s sweetly play’d in tune.

As fair art thou, my bonnie lass,
So deep in luve am I:
And I will luve thee still, my dear,

Till a’ the seas gang dry:
Till a’ the seas gang dry, my dear,
And the rocks melt wi’ the sun:
I will luve thee still, my dear,
While the sands o’ life shall run.

And fare thee weel, my only Luve
And fare thee weel, a while!
And I will come again, my Luve,
Tho’ it were ten thousand mile.