Superbe programmation aux « Mercredis » de Montévidéo, le 29 mars prochain : une lecture de Philippe Artières (Au fond, Seuil, 2016) avant la création du spectacle Comme je suis drôle on me croit heureux de Simon Delétang, d’après l’œuvre d’Édouard Levé.

« Fabuleuse Angot », « Abjecte Angot » : tels étaient les deux expressions qui, hier soir, porté d’enthousiasme ou de détestation, ont couru sur les réseaux sociaux (le lieu du canapé télévisuel) pour venir qualifier tour à tour sinon parfois conjointement le débat ou plutôt l’attaque de Christine Angot devant François Fillon sur France 2. Peut-être plus que la prestation tantôt spectaculaire tantôt minable pour certains, tantôt littérature pour les uns, tantôt mortifère pour les autres, il s’agit sans doute de revenir sur ces réactions mêmes qui, plus qu’Angot elle-même, disent dans quel état nous sommes et dans quel état la télévision quand elle se veut politique nous met.

Paru ces jours-ci sous la généreuse et vive direction de Dorian Astor, le Dictionnaire Nietzsche s’impose déjà comme un splendide outil de travail pour les nietzschéens et une magnifique relance de tous les questionnements soulevés par le philosophe du Gai Savoir. Réunissant plus de trente spécialistes français et internationaux, plus de 400 entrées retracent le parcours intellectuel, biographique et conceptuel de l’homme de Zarathoustra. En voici quelques bonnes feuilles traitant notamment des Fragments posthumes, de Gênes, Heidegger, la notion de « valeur » et Wagner que Diacritik publie en exclusivité.

Serge Doubrovsky

« Voici un étrange monstre » : tels sont les mots, liminaires, et comme prophétiques d’œuvre, que Serge Doubrovsky citait de son bien-aimé Corneille pour venir présenter ses Autobiographiques et ainsi puiser chez le dramaturge baroque la formule de sa vie à vivre, de sa vie à écrire, de sa vie devenue monstre d’écriture. Car Serge Doubrovsky, qui nous a quittés cette nuit, à 4h, dans la solitude du lit de mort et de l’œuvre toujours-déjà accomplie, se tenait en chacun de ses textes comme cet étrange monstre cornélien, ce monstre ambigu de tragédie et de comédie, de théorie la plus échevelée et d’écriture la plus enlevée, lui qui fut l’artisan de la notion la plus monstrueuse d’œuvre et de théorie, le père de la célèbre autofiction, qu’il inventa de gloire un jour de 1977, pour venir dire son roman sans roman, Fils.

Chute-la-vie © Rochegaussen

Cet été-là, ils avaient décidé de passer quelques jours à Saint Martian, au-dessus d’Apt, chez les parents d’un ami, dans une maison en forêt. Un matin, en allant chercher le pain, il avait remarqué au bord du chemin une voiture bleue, un de ces bleu qui ressemble à du noir, et n’avait rien trouvé de bizarre à cela.

Le journaliste américain Ted Conover avait passé six semaines en immersion à Cargill Meat Solutions, abattoir du Nebraska, en tant qu’inspecteur du service sanitaire (cf. reportage publié par Feuilleton dans son n° 16, du printemps 2016, sous le titre « Le tribut de la chair »). Geoffrey Le Guilcher s’est lui fait engager en tant qu’ouvrier intérimaire dans un abattoir industriel de Bretagne, rebaptisé Mercure, à l’été 2016. Il y a passé quarante jours en immersion totale, en est revenu avec un livre coup de poing : Steak Machine.