Laurent de Sutter
Laurent de Sutter

Plus d’un an bientôt après les attentats en chaine du 13 novembre 2015 et plus de deux ans après l’attaque de Charlie Hebdo et de l’Hyper-casher, dans une succession presque ininterrompue de crimes, le terrorisme n’a cessé de faire question, d’ouvrir des débats sans jamais véritablement parvenir, des questions religieuses aux explications psychologisantes, à convaincre. Sans doute faut-il lire sans attendre le remarquable et puissant essai de Laurent de Sutter Théorie du kamikaze pour avoir enfin autant de clefs neuves, fécondes et énergiques sur la figure prégnante de ces attentats, à savoir le kamikaze.
Diacritik a rencontré le temps d’un grand entretien sur ces questions celui qui s’impose, essai après essai, comme l’une des figures de proue du renouveau de la scène intellectuelle contemporaine.

Feuilleton pour la littérature du réel (illustration Aline Zalco)
Feuilleton, Pour la littérature du réel (illustration Aline Zalco)

Offrir un espace et une tribune à la narrative non-fiction et au New Journalism littéraire, telle est la tâche à laquelle s’emploient, inlassablement, la revue Feuilleton comme les éditions du Sous-Sol. Si l’une comme l’autre ne sont pas les seuls lieux dans lesquels ce genre se déploie, ils n’en demeurent pas moins des acteurs centraux de la reconnaissance, en France, de ce genre fondamental aux États-Unis depuis les années 60 et dont les racines sont pourtant européennes et bien plus anciennes — la littérature dite « réaliste » du XIXè siècle, le journalisme d’enquête et d’infiltration des années 20/30, etc. Et c’est bien cette forme d’assomption progressive que célèbre le dernier numéro de Feuilleton — numéro anniversaire, la revue a cinq ans — sous un titre manifeste : « Pour la littérature du réel ».