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Adapté de la bande dessinée éponyme, Seuls (le film) sortira en salles le 8 février 2017 et un premier trailer vient d’être dévoilé par les éditions Dupuis. Née il y a dix ans sous la plume de Fabien Vehlmann et les pinceaux de Bruno Gazzotti, Seuls (la BD) raconte l’histoire de cinq enfants qui se réveillent un matin dans une ville dont toute la population a disparu. Estampillé « tous publics », Seuls a rencontré le succès dès le premier album avec un ton, un propos tour à tour sérieux et enfantin, grave et ironique. Retour sur les origines de la BD avec ses auteurs, Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti.

Jean-Luc Godard dit qu’il ne veut rien expliquer. Je ne veux rien expliquer, non. Il dit qu’il ne sait pas grand-chose. Est-ce que l’on a le temps d’expliquer ce que l’on ne sait pas ? Expliquer à partir, avec ce que l’on ne sait pas ? Jean-Luc Godard dit que lorsque le cinéma est né il avait une fonction de fiction et une fonction de documentaire et que ces deux fonctions se sont très vite mélangées. Le cinéma est fait pour être un document. Le cinéma est fait pour penser. Peut-on penser sans documents ? Et sans documents qui soient des images.

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« Je n’ai pas mis très longtemps à choisir la région qui servirait de décor à mon livre et notamment la ville de Detroit, dans le Michigan, qui est une vraie ville internationale, une ville remplie d’asphalte et de métal rouillé, une ville avec des gratte-ciel, des avenues qui n’en finissent pas et toutes ces choses qu’on trouve dans n’importe quelle ville américaine comme New York ou justement Detroit qui est une ville aussi moderne que New York ou Los Angeles, en tout cas aussi riche d’un point de vue romanesque – beaucoup plus pauvre en vérité depuis son déclin industriel mais la ville parfaite, ai-je supposé, pour placer le décor d’un roman », écrivait Tanguy Viel dans La Disparition de Jim Sullivan (Minuit, 2013), plaçant son intrigue dans cette « ville pleine de promesses et de surfaces vitrées », après l’avoir fantasmée, sans s’y rendre.
« La forme d’une ville/Change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mortel », écrivait Baudelaire face au Paris moderne. Et c’est bien une disparition qu’observe Thomas B. Reverdy dans Il était une ville, celle de Detroit, incarnation urbaine et parabole d’une fin.