1

Les féministes, en inventant la formule « Mon corps m’appartient », ont exprimé une façon de créer les conditions d’un rapport à soi et aux autres nouveau, mais aussi une nouvelle façon de faire de la politique. A l’inverse, le déferlement actuel, sur les réseaux sociaux et dans les médias, d’insanités du Printemps français, des Jeunesses nationalistes ou de la Manif pour tous, les discours actuels rejetant l’égalité des droits, la PMA, la GPA ou les Gender Studies, et de même les discours racistes, antisémites, identitaires, nationalistes, se rejoignent en un même mot d’ordre affirmant que mon corps n’est pas à moi, que mon corps est un objet énonçable, manipulable, utilisable par ceux qui s’érigent en maîtres de nos corps et par là reconduisent une politique de la domination, une politique violente et mortifère.

Asli Erdoğan
Asli Erdoğan

Diffuser, le plus largement, le plus fort possible, la voix de celle qu’un régime autoritaire croit pouvoir étouffer.

Mobilisons-nous, relayons la liberté. Malgré les rumeurs d’une libération possible hier, n’oublions pas qu’elle demeure en prison, avec d’autres opposants au régime. Le combat continue, il ne doit pas faiblir.

« …cette femme forte, primesautière, qui avait payé le prix de ses convictions (c’est ainsi qu’elle se définissait elle-même) », écrit Aslı Erdoğan de son personnage Filiz dans Les Oiseaux de bois.