Salesman

Retour en Iran pour Aasghar Farhadi, après le succès retentissant d’Une séparation puis l’escapade française réussie du Passé. Prix du scénario et d’interprétation à Cannes, Le Client confirme la position du cinéaste iranien, celle d’un cinéaste majeur. Un couple de la classe moyenne iranienne : un tremblement de terre les oblige à déménager. Le nouvel appartement appartenait à une prostituée, ce qui dans l’Iran des Mollah se rapproche de la maison du diable à Amityville. D’ailleurs, on n’ose parler de « prostituée » et les personnages préfèrent un pudique « femme aux mœurs dissolues », dire « prostituée » c’est dire Voldemort dans Harry Potter… Un jour un homme, peut-être un ancien habitué, ayant lui-même des mœurs assez dissolues, s’introduit dans l’appartement, agresse violemment la femme et s’enfuit. Méprise ? Agression volontaire ? Pendant que son épouse tente de surmonter le traumatisme, le mari décide de retrouver « le client ».

Depuis bientôt une quinzaine d’années, Stéphane Bouquet a su s’imposer, recueil après recueil, comme l’une des figures parmi les plus remarquables de la poésie française contemporaine. De Dans l’année de cet âge jusqu’à Nos Amériques en passant par Le Mot frère et Les Amours suivants, la poésie de Bouquet déploie la quête sans trêve d’une vie vivante qui voudrait faire surgir un peuple, œuvrer à habiter le monde et à recueillir les instants épars dont les hommes sont faits. C’est à l’occasion de la parution de Vie commune que Diacritik a rencontré le poète pour un grand entretien où il revient sur son œuvre et en particulier sur son nouveau recueil qui s’offre comme l’un des textes les plus importants de cette année.