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Publié en 1874, le roman de Thomas Hardy, Far from the Madding Crowd (titre apocopé depuis l’original Far from the Maddening Crowd), est un roman qui puise dans le romantisme et annonce déjà la veine pessimiste du même auteur, dont l’apothéose sera Jude The Obscure, en 1895, et vient après Under the Greenwood Tree (1872) et avant The Mayor of Casterbridge (1886) et Tess of the d’Urbervilles (1891). Le cadre est la province du Wessex, qui est à la fois le fruit de l’histoire, et notamment de la conquête normande, et de l’imagination de Thomas Hardy, car cette province, imaginaire au XIXè siècle, englobe le Dorset (bastion du Wessex de Hardy, puisqu’il y est né), le Hampshire, le Wiltshire, le Devon, le Somerset, le Berkshire et l’Oxfordshire. Donc, en résumé une vaste province qui va des abords ouest de Londres jusqu’aux premiers lopins de terre de la Cornouaille. Le titre est une référence au poème de Thomas Gray, Elegy Written in a Country Churchyard (1751), le vers complet étant the madding crowd’s ignoble strife, littéralement les querelles ignobles de la foule en folie, ce qui donne le nécessaire éclairage à la compréhension de ce roman, qui oppose les personnages épris de liberté au carcan de la société victorienne. 

Probable transcription de l’engouement contemporain pour les chats, ces derniers semblent aussi prendre une importance grandissante dans les films. De celui qui filait systématiquement des mains de Oscar Isaac dans Inside Lewin Davis des frères Cohen, à la loufoque Pandora qui ne cessait de s’échapper elle aussi de celles d’Isabelle Huppert, dans L’Avenir de Mia Hansen-Løve, ils constituent un ressort scénaristique à valeur humoristique assurée. C’est avec un certain cynisme que Paul Verhoeven se réapproprie cette tendance en ouvrant son film Elle avec un plan sur le charmant animal de compagnie qui regarde, imperturbable, le viol de sa maîtresse Michèle (Isabelle Huppert) dans son salon.

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Les éditions du Sous-Sol publient le premier livre de Ted Conover, Rolling nowhere, sous le titre Au fil du rail, un reportage. L’occasion pour Diacritik de rencontrer l’une des grandes figures du journalisme américain et d’évoquer avec lui les quatre mois qu’il a passés en 1980 avec les « hobos », la forme très particulière qu’il a donné à ce livre devenu culte et de l’interroger sur sa définition du journalisme, alors que son sixième livre, qui doit paraître cette année aux USA, est justement une réflexion sur ce sujet.