L'Affaire Tournesol
© Hergé/Moulinsart

L’Affaire Tournesol d’Hergé a été publié en 1956, qui réalisa un album à la dimension politique avérée, ce que les tintinophiles savent de longue date et que les sympathisants de l’oeuvre peuvent deviner aisément en lisant cette histoire d’espionnage industriel sur fond d’opposition entre deux blocs rivaux. En pleine guerre froide, Georges Rémy, RG, Hergé donc, avait un mélange de fascination et de tendresse pour la Confédération Helvétique et précisément pour les bords du lac Léman. Toute son oeuvre porte l’empreinte d’un intérêt certain pour la géographie et la toponymie, ce qui se retrouve plus particulièrement dans L’Affaire Tournesol. Pour cette aventure, il a emprunté des lieux et des noms qui lui ont servi de trame, d’éléments narratifs, bâtiments, paysages ou décors. De Genève à Nyon, voyage dans la Suisse de papier d’Hergé. 

Craig Thompson - Paris 2011 - Photo © Dominique Bry
Craig Thompson – Paris 2011 – Photo © Dominique Bry

Paru en mars dernier, le nouveau roman graphique de Craig Thompson, Space Boulettes (« Space Dumplins » en version originale) est un space opéra, un conte pour enfants et une relecture d’Alien. Et une réflexion sur le vivre ensemble, sur la condition sociale aux USA et la question des ressources énergétiques. Une oeuvre foisonnante à des années lumière de Blankets, Chunky Rice et Habibi. Entretien avec l’auteur de Space Boulettes. Où l’on parle de SF, de cacas de baleines et d’apprentissage de la vie.

Jonathan Franzen

Jonathan Franzen l’écrivait en 1996 déjà, dans Perchance to Dream, un article publié dans le Harper’s : « Nous vivons dans une culture fortement binaire.» Une phrase à laquelle on pense en lisant l’exergue de Purity, son dernier roman, « Die stets das Böse will und stets das Gute schafft », empruntée au Faust de Goethe — ou d’ailleurs au Maître et Marguerite de Boulgakov, même exergue —, sans référent, sans non plus la question initiale : « — Qui es-tu donc, à la fin ? — Je suis une partie de cette force qui, éternellement, veut le mal, et qui, éternellement, accomplit le bien. »

L’exergue de Purity, en allemand non traduit, ouvre à un questionnement qui n’est pas une interrogation de l’identité mais de cette binarité du bien et du mal, l’un envers de l’autre ou résultat paradoxal de l’autre. Telle est notre culture contemporaine, celle dans laquelle nous vivons, pour reprendre l’article de 1996 : notre contexte et dans Purity, la civilisation d’Internet et des lanceurs d’alerte, du journalisme en ligne, des réseaux, l’ère de la transparence et d’une forme de paranoïa, celle des mails et SMS, d’une communication accélérée et, en partie tyrannique.

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Je n’ai pas de première phrase.
J’ai pensé à « Aujourd’hui, Maman est morte », ou « Longtemps, je me suis couché de bonne heure », mais Maman est vivante et je me suis toujours couché tard.
Je n’ai aucune idée de ce que je pourrais ensuite raconter.
Et je sais que les mots ont trop servi, et que tout a été dit.
C’est mal parti.