Prince en 1982
Prince en 1982

Depuis 1980, Prince n’a cessé de s’inventer depuis sa mort, depuis ce qu’il a pressenti être son irrémédiable disparition à chacun, depuis ce moment où, sans que l’on sache quand, dans une scène primitive, noire et dérobée, il aura su sans doute voir combien sa musique devait procéder avec méthode d’une Apocalypse d’outre mesure et d’outre temps.

Jenny Diski
Jenny Diski

La romancière britannique Jenny Diski est morte jeudi 28 avril 2016, cruellement vaincue par la maladie. C’est une perte considérable dans le paysage de la fiction de langue anglaise. Si son travail n’a jamais été l’objet d’une récompense majeure, ses romans, ses nouvelles, ses essais et, surtout, ses carnets de voyage lui avaient donné non seulement le respect de ses pairs et des ses lecteurs, mais aussi une place particulière. Dix-huit publications au total, dont douze romans et six essais de non-fiction, parmi lesquels Stranger on a Train, qui lui avait valu le Thomas Cook Travel Book award en 2003. Elle forçait l’admiration et l’affection non seulement par son cheminement personnel chaotique, mais également par son style limpide, dont Rainforest (1987, Penguin) est un exemple brillant et enthousiasmant, et s’il faut retenir un ouvrage dans l’œuvre de Jenny Diski, ce sera celui-ci, en raison de son caractère novateur et de la langue utilisée, une merveille. 

PJ Harvey
PJ Harvey

The Hope Six Demolition Project est un album mat.

Par-delà le credo rock qui lui permit au début des années 1990 de signer parmi les chansons les plus marquantes de l’époque, de 50th Queenie à Meet Ze Monsta, PJ Harvey depuis White Chalk (2007) qui fissura les anciens murs de guitares post-punk pour ouvrir la voie à des mélodies moins âpres, est partie en quête d’une écriture de la note juste. Mais avec le merveilleux Let England Shake (2011) et maintenant ce neuvième album studio, The Hope Six Demolition Project, c’est le monde qu’elle annote, l’évocation des conflits du Kosovo et de l’Afghanistan, ainsi que de la misère d’un quartier de Washington succédant à celle de la Première Guerre mondiale dans l’opus de 2011. Ici, chant et musique résonnent d’ailleurs en écho aux photographies de Seamus Murphy, avec qui elle avait publié en 2015 un recueil de poèmes, The Hollow of the Hand. Par ce geste artistique pluriel, PJ Harvey interroge crûment la place et le rôle des œuvres littéraires, musicales ou plastiques dans notre chaos contemporain.

Wiliam Klein © JP Cazier
Wiliam Klein © JP Cazier

Le 16 avril a été inaugurée la 3e édition du Festival Normandie Impressionniste qui propose à travers la région normande un ensemble foisonnant d’expositions, de spectacles vivants, d’événements cinématographiques, lyriques, chorégraphiques – sans oublier le numérique, l’organisation d’ateliers, d’activités pédagogiques, de conférences, de rencontres, etc. Jusqu’au 26 septembre, l’ensemble de la Normandie, en plus de son patrimoine et de la beauté de ses lieux, devient l’occasion de s’immerger dans un monde culturel qui, pour cette édition, se veut résolument contemporain.