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Les yeux comme des billes bleues. Le regard qui arrive est jeune, brillant, incroyablement, follement jeune. Billes bleues, 65 ans les yeux, bleu clair profond, nulle trace de haine. Comme si la haine n’avait jamais existé.

Dans la maison, vers 19h après la cantine, nous avons encore une heure de liberté. Je traîne dehors avec les fumeurs, on fait des provisions de nicotine pour la nuit, je discute avec Françoise, Nadia, Marco le bogosse. Françoise, je crois, me parle de ses nuits blanches, du poids qu’elle n’arrive plus à perdre. Sans la voir je la vois arriver. Billes bleues. Une femme âgée, fatiguée, voûtée. Une nouvelle. T’aurais pas une clope ?

James Donovan (Tom Hanks) suivi par un agent de la CIA
James Donovan (Tom Hanks) suivi par un agent de la CIA

Dans le magistral et ultime tome de La Maison Cinéma et le monde consacré au crépusculaire mais flamboyant moment Trafic de sa vie bientôt abruptement achevée, Serge Daney livre, depuis le terrible foudroiement de la pensée que la claire imminence de la mort rend inéluctable, une définition du cinéma énoncée dans un parfait cristal de vérité : « Le cinéma est l’art du présent, c’est-à-dire l’art de ce qui a été présent au moins une fois. » Force est de reconnaître, à regarder Le Pont des Espions, le dernier film de Steven Spielberg qui sort ce mercredi, qu’une telle formule du cinéma fondée sur l’expression absolue d’un sentiment du présent n’emporte aucune image, ne traverse aucun plan, n’habite aucune scène d’un film qui fait du Passé, élevée à la terrible majuscule de statue du Commandeur, sa valeur refuge, sa zone anomale, son repli ultime, son art à valeur de contresens ardent du monde : où, pour Spielberg, la salle de cinéma devient le bunker d’un cinéaste aveugle.

Olympia est la suite de La Grande Odalisque. Sans intitulé générique ni numéro de tome, ces deux livres semblent autonomes et indépendants l’un de l’autre — si ce n’est leur titre qui décline le nom de chefs d’œuvre de la peinture française. En fait, plus qu’une série, c’est pour l’instant un diptyque d’une prodigieuse complémentarité dans sa construction, ses thèmes et ses variations.

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Émilie Simon, Feist, Christine and the Queens, Mansfield.Tya, Holden, Metric : depuis 18 ans, le Festival « Les Femmes s’en Mêlent » qui se déroule chaque printemps à Paris et en province a le flair pour sélectionner les chanteuses et les groupes à dominante féminine qui seront peut-être les stars de demain. Toutes ses artistes susnommées ont pu être découvertes (parfois) bien avant tout le monde par les festivaliers dans des cadres plus intimes que dans les salles dans lesquelles elles se produisent aujourd’hui.

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Depuis plusieurs années, l’énigmatique nébuleuse Général Instin se manifeste de différentes façons : internet, affiches, textes, manifestations de rue, etc. A l’occasion de deux publications aux éditions Le Nouvel Attila, Patrick Chatelier et Guénaël Boutouillet exposent dans cet entretien certains des partis pris et des orientations de ce projet polycéphale et nomade.