bEST Of

A tout seigneur, tout honneur : si les membres de la Newsroom vous ont livré leurs coups de cœur musicaux, littéraires, cinéphiliques et – toute honte bue – leurs articles préférés… rendons aux lecteurs ce qui leur appartient, à savoir leurs choix de lectures, avec les articles les plus lus sur Diacritik depuis le lancement du site le 23 septembre 2015.

Best Of 2015 Banner

Pour clore cette année 2015, les membres de la rédaction de Diacritik vous proposent leur best of. Ils nous / vous révèlent leur livre, film, chanson préférés en 2015 et l’article du magazine qui les a le plus enthousiasmés. Où l’on constatera que nos goûts sont aussi variés que nos pages même si quelques titres reviennent fréquemment…

corbeille-papier

Sacrifiant sa fierté sur l’autel de la mode des best of de fin d’année et pour clore 2015 sinon en beauté du moins sur une note plus légère que la revue de presse déprimante qu’il avait préparée à l’origine, Boris-Hubert Loyer vous présente aujourd’hui la somme des imbécillités, calembredaines et autres billevesées qui n’avaient pas trouvé place (ni grâce aux yeux de la rédaction en chef) dans les pages du journal : le chutier du Chutier 2015.

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Gary Shteyngart est né en 1972. Et le quatrième livre qu’il publie, à 42 ans, n’est pas un roman mais, déjà, des mémoires qui pourraient avoir pour titre celui de l’un de ses précédents livres, Traité de savoir vivre à l’usage des jeunes russes, Absurdistan ou Super triste histoire d’amour. Mémoires d’un bon à rien est le récit d’une vie particulière comme d’une œuvre, un nouveau départ.

 

michel foucault (DR)

« Il y a des moments dans la vie où la question de savoir si on peut penser autrement qu’on ne pense et percevoir autrement qu’on ne voit est indispensable pour continuer à regarder ou à réfléchir (…). Mais qu’est-ce donc que la philosophie aujourd’hui – je veux dire l’activité philosophique – si elle n’est pas le travail critique de la pensée sur elle-même ? Et si elle ne consiste pas, au lieu de légitimer ce qu’on sait déjà, à entreprendre de savoir comment et jusqu’où il serait possible de penser autrement ? » (L’Usage des plaisirs, Gallimard, 1984, p.15-16). Si ce que l’on appelle philosophie peut, de fait, se réduire à la reproduction et légitimation de ce qui est déjà pensé, de ce qui est jugé vrai dans l’ordre constitué du savoir – et du pouvoir –, Foucault l’entend dans un sens radicalement distinct lorsqu’il rapporte la pensée, et la pensée philosophique, à la possibilité de penser et percevoir autrement : philosopher aurait un sens et une valeur par une tension vers un inconnu, une différence à laquelle la pensée philosophique est par là ouverte.

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Hemingway rêvait d’un concours du meilleur écrivain disputé aux poings. Le championnat n’est toujours pas répertorié dans les disciplines olympiques, pourtant Norman Mailer aspirait au titre de « champion (du monde) d’écriture ». Parmi les poids lourds de la discipline (pour son œuvre majeure, pas pour son gabarit physique…) : Joyce Carol Oates pour son fameux De la boxe, longtemps épuisé en France, reparu en collection « Souple » aux éditions Tristram. Plus que d’une reparution, parlons d’un inédit puisqu’il s’agit de la première traduction intégrale, par Anne Wicke, de cet essai paru en 1987 puis 1995 aux États-Unis.

Diacritik continue même en vacances… Cette semaine, vous avez pu lire des articles sur Manuel Candré, mais aussi le « Deleuze aujourd’hui » de Manuel Candré, aller au cinéma avec Lelouch et Jacques Tati, comprendre « pourquoi le saut des baleines« , regarder d’un autre œil les polices de caractère, mais aussi Pierre La Police, redécouvrir Laurent Jenny ou Poppy Z Britecuisiner une dinde avec Fitzgerald, et aller à New York et même « sous les couvertures » avec Alban Lefranc.

Tara Lennart, poursuivant notre grande entreprise de découverte des membres de la Newsroom de manière oblique, a décidé de détourner les questionnaires portraits robot des sites de rencontre. Pour, explique-t-elle, « ces questions bateau destinées à donner une idée de la construction d’image de la personne derrière un pseudo aléatoire. Avec un peu d’humour et de cynisme, car ne soyons pas trop sérieux : tout n’est que littérature ».

Le lexique personnel de Nick Cave (liste 18)
Le lexique personnel de Nick Cave (liste 18)

Dès sa dédicace, tout est liste dans Au bonheur des listes de Shaun Usher, récemment paru aux éditions du Sous-Sol. Manière de revoir l’ensemble de la structure de tout livre comme une liste de listes : les pages (liste), la table des matières (liste), l’index (liste), les remerciements (liste), etc. (liste virtuelle)…
La liste répond à la tentation d’un Penser / Classer cher à Perec — d’ailleurs présent dès la Liste 3 avec sa Tentative d’inventaire de tout ce qu’il a bu et mangé en 1974 —, d’une volonté de maîtrise : ne rien oublier, consigner avec les listes de courses (Galilée, Michel Ange), les listes de livres préférés d’Edith Wharton, celles de livres à lire pour Hemingway ; prendre ou conserver un pouvoir (décalogues et commandements, ici ceux de l’escroc, de la mafia ou les 11 commandements d’Henry Miller). Mais la liste répond aussi à une poétique, ce que ce livre illustre magnifiquement.