Bobo Loyer nuit au musée

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Boris-Hubert Loyer a une passion contrariée pour les musées. Il y a quelques années de cela, il avait été fort marri en visitant le MET de New York, n’hésitant pas à demander au vigile en faction devant l’ascenseur « pardon Monsieur, l’exposition «Jeff Koons on the roof», c’est à quel étage ? ». Avant de s’engouffrer dans la cabine toute honte bue, et néanmoins fier d’avoir dit une koonerie plus grosse que lui dans la langue de Shakespeare.

En 2015, c’est au Musée Soulages de Rodez que Boris-Hubert s’est fait prendre en flagrant délit d’(H)uber(t) journalisme, cherchant vainement un titre dans lequel il réussirait à glisser un calembour façon Libération («Une visite au musée, ça soulage», «Bobo s’ennuie au musée»). Il a même été tenté (avant de se raviser) de parler des effets bénéfiques du cacao noir intense sur le moral des reporters gourmands en Aveyron : même si le musée est à deux pas de Bras, pas de chocolat.

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Il faut dire que le musée de l’enfant du pays avait tout pour plaire à Bobo. Entre la peinture au brou de noix et les cartons de Conques (qu’ils adorent), le musée Soulages a de quoi contenter les visiteurs de tous les horizons. Car comme chacun sait, tous les goudrons sont dans la nature et la Communauté d’agglomération du Grand Rodez est très pointilleuse en ce qui concerne son empreinte carbone.

IMG_7047« Noir, c’est noir » s’est dit Boris-Hubert en préparant sur Internet sa visite de l’univers du Ruthénois avec Johnny Hallyday en fond sonore. Notant au passage que le gentilé pour les natifs de Rodez n’est pas « Rodézien » (comme il a failli l’écrire au risque de faire un amalgame suspect entre les tropismes de l’artiste pour la noir-attitude et les terres australes qui regroupent aujourd’hui les états de Zambie du Malawi et du Zimbabwe). Interdit devant les peintures sur toiles et les dégradés entre noir clair et noir foncé (en Jean-Jacques Goldman dans le texte), Bobo a scrupuleusement consigné les horaires d’ouverture et réservé une table au café d’à côté. Et a pris la route de la cité aveyronnaise, s’ébaubissant à chaque virage de la beauté des paysages environnants.

Ce n’est qu’une fois sur place que Boris-Hubert s’est malheureusement rendu compte et à l’évidence qu’il avait oublié son matériel et de recharger son smartphone. Il lui a donc été très difficile de réaliser un photoreportage digne de ce nom.

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Cela dit, il a bien mangé. À son grand soulagement.